Racisme à la Commission canadienne des droits de la personne : l’AFPC presse le gouvernement d’agir

À la suite de la publication du rapport sénatorial qui confirme la culture de racisme systémique anti-noir à la Commission canadienne des droits de la personne, l’AFPC unit sa voix à celles d’autres syndicats représentant des fonctionnaires fédéraux noirs pour exhorter le gouvernement à agir de toute urgence.

Dans une déclaration commune, l’AFPC, l’Association canadienne des employés professionnels (ACEP) et l’Association des juristes de justice (AJJ) demandent au gouvernement de donner suite à toutes les recommandations du Comité sénatorial permanent des droits de la personne afin de résoudre les problèmes de longue date à la Commission, et d’agir concrètement pour lutter contre toute forme de discrimination dans la fonction publique fédérale. 

« Trop, c’est trop. Nos membres méritent d’obtenir justice, d’être respectés et d’être pleinement indemnisés », explique Chris Aylward, président national de l’AFPC. « Il est temps que le gouvernement corrige le tir pour que nous puissions enfin créer une fonction publique fédérale plus juste et plus représentative, où le racisme anti-noir n’a pas sa place. » 

L’étude et le rapport du Comité sénatorial font suite aux griefs de principe déposés par l’AFPC, l’ACEP et l’AJJ en 2020, arguant que l’employeur ne traite pas adéquatement les plaintes pour cause de racisme, pratique une inclusion de façade des groupes d’équité et omet de consulter les membres racialisés du personnel sur les solutions concrètes possibles aux problèmes systémiques de l’organisme. 

En mars, le Conseil du Trésor a conclu que la Commission avait effectivement fait preuve de discrimination à l’égard de son personnel noir et racialisé. 

Au cours de l’été, l’AFPC a fait part au Comité sénatorial de ses préoccupations à cet égard, et de ses recommandations pour éliminer les obstacles systémiques non seulement à la Commission, mais aussi dans l’ensemble de la fonction publique fédérale, parallèlement à ses efforts de lutte contre le racisme. 

L’AFPC appuie sans réserve les recommandations du rapport 

Parmi les 11 recommandations du rapport, bon nombre concordent avec les revendications de l’AFPC et du Recours collectif noir, notamment les suivantes : 

  • nommer un ou une commissaire à l’équité noire en tant qu’entité indépendante du Parlement; 

  • renforcer la formation obligatoire sur la lutte contre le racisme pour les fonctionnaires fédéraux; 

  • offrir un soutien juridique et psychologique immédiat aux parties plaignantes et à leur famille; 

  • moderniser la Loi sur l’équité en matière d’emploi de sorte qu’elle tienne compte des identités intersectionnelles des personnes salariées, recommandation également formulée par le Groupe de travail sur l’examen de la Loi

L’AFPC appuie fermement ses membres qui ont eu le courage d’exprimer leurs préoccupations, malgré le risque de représailles. Elle continue également d’appuyer le Recours collectif noir dans ses efforts pour mettre fin à des décennies de racisme anti-noir dans l’ensemble de la fonction publique fédérale. 

Enfin, le syndicat implore le gouvernement d’accepter les constatations du rapport et d’en adopter les recommandations pour rétablir la confiance en la Commission et veiller à ce que le système canadien des droits de la personne soit juste, efficace, rapide et exempt d’obstacles systémiques. 

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22 Décembre 2023