Mars marque à la fois la Journée internationale des femmes et le Mois de l’histoire des femmes. Ce mois-ci, les fonctionnaires de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) devraient être en train de célébrer des rajustements au titre de l’équité salariale estimés à 15,9 millions de dollars visant à corriger des années de discrimination salariale des femmes. Au lieu de ça, ces travailleuses devront continuer d’attendre.
Le travail a été fait : la date était fixée au 3 mars 2026 et le comité d’équité salariale, composé de fonctionnaires et de personnes représentant l’employeur, s’était entendu sur un plan juste. Il ne restait qu’à officialiser la chose.
Pourtant, au lieu d’aller de l’avant, le gouvernement a interféré pour repousser les rajustements, et faire perdurer l’injustice.
Le Conseil du Trésor sape un processus équitable
Le comité d’équité salariale de l’ACIA est parvenu à une entente après des années de pourparlers. Un plan provisoire a été publié en décembre 2025, et les fonctionnaires ont fourni leur rétroaction à la mi-février. Le comité était prêt à publier le plan final pour le 3 mars, date limite fixée par le Bureau de la commissaire à l’équité salariale.
C’était sans compter sur une intervention du gouvernement, malgré le fait qu’aucun problème n’a été soulevé vis-à-vis de la méthodologie utilisée par le consultant ni de son application dans le dossier.
En fin de compte, l’Agence a décidé de repousser d’un an le plan final pour explorer la faisabilité d’une autre méthode de calcul. On parle d’une méthode qui a déjà été examinée et rejetée par le consultant et le comité d’équité salariale, conformément aux directives du Bureau de la commissaire à l’équité salariale. On dirait bien que le Conseil du Trésor veut réduire le montant dû aux travailleuses.
Quelles conséquences pour les travailleuses?
L’équité salariale n’est pas qu’une question d’argent; il y va de la justice et de la dignité. Pendant des dizaines d’années, des emplois principalement occupés par les femmes ont été sous-valorisés et sous-payés, et des lois existent pour corriger le tir.
Les 15,9 millions de dollars estimés en rajustements seraient versés aux fonctionnaires travaillant dans le soutien administratif et la gestion de programmes, des groupes à majorité féminine. En retardant ce plan, le gouvernement remet à un autre jour la justice pour les femmes, tandis qu’il prétend défendre leurs droits.
Un féminisme de façade
Les gestes valent plus que les paroles. Le gouvernement n’aurait pas dû interférer et l’ACIA aurait dû avoir déjà publié le plan final. Au lieu de ça, ils choisissent de trahir les travailleuses qu’ils disent soutenir.
Quand le gouvernement s’ingère dans un processus d’équité salariale parfaitement légal qui a déjà abouti à une entente, et quand ses agences gèlent les progrès et ne respectent pas les dates limites pour s’exonérer de ce qui est dû, le message est clair : les femmes devront attendre encore pour obtenir justice.
Les travailleuses méritent mieux.
L’AFPC se prépare à contester la demande d’extension de l’ACIA et continuera de lutter pour ses membres et pour l’équité salariale. L’équité salariale n’est pas une faveur. C’est la loi, et il est plus que temps de la respecter.

