Le Conseil du Trésor a recommandé la semaine dernière de mettre fin à la publication annuelle des coûts du système de paye Phénix. Holà! Les fonctionnaires fédéraux et les contribuables ont le droit de savoir combien coûte encore Phénix! Le gouvernement ne peut pas clore le dossier alors que bien des personnes subissent encore les conséquences de ce fiasco.
Dans une note de service rendue publique, le Conseil du Trésor reconnaît que cette décision pourrait être perçue comme un recul en matière de transparence ou de reddition de comptes, mais recommande quand même d’aller de l’avant.
Si le gouvernement cache la facture de Phénix, comment saura-t-on combien d’argent continue d’être dépensé pour corriger les défaillances du système?
Phénix continue de coûter cher
Plus de dix ans après le lancement désastreux du système, des milliers de fonctionnaires fédéraux sont encore aux prises avec des problèmes. Le gouvernement a déjà dépensé plus de 5 milliards de dollars pour réparer les dégâts, mais il n’a toujours pas indemnisé bon nombre de nos membres pour les problèmes survenus depuis 2020. Rappelons qu’aucune enquête publique n’a encore été menée. Si le gouvernement cesse de publier les coûts, les contribuables pourraient ne jamais savoir combien d’argent sera encore englouti ni connaître l’ampleur réelle des répercussions.
Phénix a déjà ébranlé la confiance des fonctionnaires fédéraux envers leur employeur. Mettre fin à la publication annuelle des coûts ne fera qu’empirer les choses, surtout à l’approche du lancement de Dayforce, le nouveau système de paye et de ressources humaines. Il n’y a pas pire moment pour oublier les leçons tirées de l’un des plus grands échecs administratifs de l’histoire du gouvernement fédéral.
Le Conseil du Trésor aura beau balayer les coûts sous le tapis, ils ne disparaîtront pas pour autant. Le gouvernement fédéral doit continuer de recueillir et de publier ces données afin de rendre des comptes sur le travail qui reste à faire pour régler les problèmes de Phénix et de faciliter la transition vers le nouveau système.
L’AFPC a écrit à Michael Sabia, greffier du Conseil privé, pour demander au Conseil du Trésor de revenir sur sa décision et de continuer à publier annuellement les coûts associés à Phénix.

