Les Conférences nationales Équité qui ont eu lieu du 3 au 7 mai ont rassemblé quelque 400 membres de partout au pays venus discuter de racisme et de discrimination systémiques, d’obstacles à l’accès, de la sous-représentation dans les rôles de leadership et d’iniquités à l’embauche et au travail. Les personnes participant aux caucus Accès, Peuples autochtones, Personnes racisées, Personnes noires et Fierté ont échangé sans réserve sur leur vécu et réclamé des changements.
Sous le thème À la croisée de nos voix : l’intersectionnalité fait la force!, les personnes déléguées ont adopté des résolutions visant à faire reculer le racisme systémique dans les milieux de travail et le syndicat et à faire avancer les droits des personnes handicapées, l’autodétermination des peuples autochtones, de même qu’à promouvoir l’inclusion et le leadership des membres de la communauté 2SLGBTQIA+ et issus de la diversité de genre. Certains groupes d’équité ont aussi tenu des élections; les prochaines auront lieu au printemps et à l’été.
Bon nombre de conférencières, conférenciers et panélistes ont témoigné de leur vécu et présenté des outils pratiques pour faciliter l’alliance inclusive en vue d’opérer des changements durables.
« Être une personne alliée, c’est accepter d’apprendre et de désapprendre, puis poser des gestes conscients », selon Amira Elghawaby, défenseure des droits de la personne et ancienne représentante spéciale du Canada chargée de la lutte contre l’islamophobie.
Le 5 mai, les personnes déléguées ont célébré la Journée de la robe rouge en accrochant des rubans rouges à Willow Women, une installation de l’artiste et militante métisse Jaime Black-Morrisette, honorant les femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées. Elles ont également participé à une marche aux côtés de membres de la communauté.
Les membres ont aussi eu une pensée pour leurs collègues qui ont perdu ou vont perdre leur emploi en raison des compressions au gouvernement fédéral. Mamadou Ndiaye, délégué du Québec, a composé et récité pour l’occasion un poème, qui se termine ainsi : Tristes, nous sommes. Mais debout, nous resterons. Forts, nous resterons. Solidaires, nous resterons.
« L’équité est au cœur de notre syndicat. Se rassembler, c’est construire les relations et la confiance nécessaires pour avancer dans la solidarité. » — Terrie Lynn Fowler, déléguée, Terre-Neuve-et-Labrador
Poème de Mamadou Ndiaye
Pensée à nos consœurs et confrères touchés
Regardez
toutes ces consœurs,
tous ces confrères
dont les voix résonnent encore
dans nos silences.
Elles ne sont plus là,
coupées net par l’employeur,
comme des branches en hiver.
Et ces chaises vides dans nos bureaux,
elles parlent.
Elles racontent l’absence,
elles murmurent leurs noms,
elles murmurent leurs sourires.
L’employeur a coupé,
mais il n’a pas su voir
ce qui ne se coupe pas.
Car vous êtes là,
tout près de nous,
dans chaque souffle,
dans nos cœurs.
Écoutez bien :
dans le silence, leurs cris;
dans la nuit, leurs larmes;
dans nos cœurs, leur force.
Non,
ni la peur,
ni la tristesse
ne sauront rompre
ce fil invisible
qui nous relie.
Nous sommes une famille
tissée de courage et de mémoire.
Touchés, oui,
mais jamais à terre.
Debout,
toujours debout,
comme un seul corps,
comme une seule voix.
Et face au vent,
nous tiendrons.
Face aux difficultés, nous vaincrons.
Face à cet employeur, nous vaincrons.
Touchés, nous sommes
Tristes, nous sommes
Mais
Debout, nous resterons
Forts, nous resterons
Solidaires, nous resterons
Nous vaincrons
Nous vaincrons
Solidarité.
Mamadou Ndiaye

