Le gouvernement Carney a dévoilé sa stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle. Malgré l’enveloppe de deux milliards de dollars, il ignore les vrais besoins des travailleuses et travailleurs : la garantie que l’IA ne les remplacera pas, la protection contre la surveillance et la reddition de comptes au public.
Pendant que le gouvernement fait de beaux discours sur l’IA responsable, la réalité sur le terrain est toute autre.
Les systèmes d’IA gagnent déjà du terrain à la fonction publique fédérale, que ce soit la détection des hypertrucages à l’Agence du revenu du Canada ou le tri automatisé des dossiers à Emploi et Développement social Canada. Dans l’empressement de déployer ces systèmes à toute vitesse, nos membres sont laissés de côté. Ils se voient refuser de la formation sur l’IA, et certains gestionnaires les encouragent activement à utiliser des outils d’IA non autorisés, quitte à compromettre des données protégées et confidentielles.
Selon un sondage commandé par l’AFPC, 56 % des gens ne font pas confiance à l’IA pour gérer leurs renseignements confidentiels, comme leur rapport d’impôt, leurs prestations et leur pension, préférant une vraie personne. Dans le cadre de ses consultations sur l’IA, le gouvernement a reçu 11 000 contributions demandant une réglementation fondée sur les risques pour encadrer l’IA.
Connaissez vos droits
Même si l’employeur refuse de discuter d’IA, il a des obligations juridiques en ce qui concerne les changements technologiques.
Conformément à l’article 24 des conventions collectives de l’AFPC au fédéral, la direction ne peut pas intégrer tout de go un logiciel ou un système automatisé dans vos tâches courantes. Elle doit donner un préavis de 180 jours au syndicat et le consulter de manière significative avant d’apporter tout changement qui pourrait avoir un impact sur votre travail.
Ce qu’on veut obtenir à la table
Dans les négociations en cours avec le Conseil du Trésor (groupes EB, PA, SV et TC), l’Agence du revenu du Canada, et Parcs Canada, nos équipes luttent pour obtenir des protections sans précédent.
Nos principales revendications
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Écrire noir sur blanc que les changements technologiques servent à épauler les personnes salariées, et non à les remplacer.
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Interdire complètement le recours à des systèmes automatisés pour prendre des décisions ou faciliter la prise de décisions concernant les questions disciplinaires, les conditions d’emploi ou l’embauche.
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Imposer des restrictions sur la surveillance électronique, notamment pour contrôler le rendement ou la productivité, ou pour imposer des mesures disciplinaires.
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Dégager les personnes salariées de toute responsabilité pour les erreurs, les inexactitudes et les biais involontaires résultant d’un outil d’IA.
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Offrir régulièrement une formation obligatoire à toutes les personnes salariées.
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Obliger l’employeur à renforcer les capacités à l’interne avant de se tourner vers des entreprises technologiques.
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Mettre sur pied un comité national mixte des nouvelles technologies chargé d’examiner et de gérer les risques posés par l’IA pour la sécurité, la santé psychologique et la vie privée.
Nos équipes de négo de l’Agence des services frontaliers du Canada (groupe FB) et de l’Agence canadienne d’inspection des aliments chercheront à obtenir des protections similaires dans leurs pourparlers avec l’employeur plus tard cette année.
Pour être clair : on ne s’oppose pas aux technologies. Avec une intégration responsable et une véritable supervision humaine, l’IA peut appuyer les services publics indispensables. Cela dit, les technologies ne devraient jamais servir à prendre des raccourcis négligents, à porter atteinte à la vie privée ni à priver la population de l’expertise humaine et du bon jugement dont elle dépend.
On va continuer de se battre pour obtenir un contrat de travail qui protège les droits de nos membres, les données publiques et la qualité des services pour tout le monde.

