Plus de 5 000 fonctionnaires fédéraux représentés par l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) ont reçu cette semaine un avis de réaménagement des effectifs les informant qu’ils pourraient perdre leur emploi. Cette annonce survient alors qu’Ottawa intensifie ses coupes au détriment des services publics.
Cette nouvelle vague d’avis vise des secteurs cruciaux pour la population, comme la sécurité des transports et la santé publique.
« Un service public, ce n’est pas seulement un poste budgétaire. C’est une bouée de sauvetage pour les collectivités et les familles », affirme Sharon DeSousa, présidente nationale de l’AFPC. « Le gouvernement donne l’illusion d’économiser, mais ce n’est qu’un mirage. Tout le monde en paie le prix quand les délais s’allongent et les programmes s’amenuisent. »
Secteurs sacrifiés cette semaine
- Affaires internationales : 1 172 membres à Affaires mondiales Canada (AMC)
- Sécurité des transports : 775 membres à Transports Canada
- Développement économique : 598 membres à Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE)
- Santé et environnement : 895 membres à Santé Canada, 446 à Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) et 261 au ministère des Pêches et des Océans (MPO)
La liste continue : 391 membres à Sécurité publique Canada, 303 à Patrimoine canadien, 206 à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), 22 au Service canadien d’appui aux tribunaux administratifs et 10 à l’École de la fonction publique du Canada.
Ces chiffres ne concernent que les membres de l’AFPC; d’autres fonctionnaires fédéraux sont également touchés, et leurs syndicats respectifs en ont été informés. Comme d’autres avis de réaménagement des effectifs sont attendus dans les prochaines semaines, le gouvernement fédéral n’a pas encore révélé quels postes seront abolis ni quels seront les effets de ces suppressions sur les programmes et services ciblés.
Répercussions sur les services gouvernementaux
Depuis janvier 2025, 9 400 membres de l’AFPC ont reçu un avis de réaménagement des effectifs, dont 6 500 ce mois-ci. C’est sans compter les 5 500 personnes dont le contrat a été interrompu ou n’a pas été renouvelé. Et comme le gouvernement veut éliminer 30 000 postes de plus, on sait que beaucoup d’autres fonctionnaires seront touchés cette année.
L’AFPC a d’ailleurs conçu un tableau de bord qu’elle mettra à jour tous les lundis matin.
Au Syndicat des employées et employés nationaux (SEN), 2 000 membres qui travaillent à AMC, à ISDE et à IRCC ont reçu un avis cette semaine.
« Ces services assurent la bonne marche du pays, souvent en coulisses », fait remarquer Alex Silas, fiduciaire du SEN et vice-président exécutif national de l’AFPC. « Quand on coupe des postes, les demandes d’immigration s’accumulent, les programmes économiques tournent au ralenti, et la machine gouvernementale surchauffe. »
Au Syndicat des travailleurs de la santé et de l’environnement (STSE), ce sont 1 600 membres touchés à Santé Canada, à ECCC et au MPO.
« Quand on abolit des postes en santé et en environnement, on met la population en danger », alerte Shimen Fayad, présidente nationale du STSE. « Ces fonctionnaires veillent à la santé publique, à nos écosystèmes et à notre résilience climatique. Sans eux, la surveillance se relâche, l’attente augmente et les problèmes s’aggravent. »
L’AFPC continuera d’épauler ses membres touchés et de s’opposer aux coupes qui menacent les emplois et les services indispensables à la population. Le syndicat a élaboré des ressources sur le réaménagement des effectifs afin d’aider ses membres à traverser cette période difficile, notamment une foire aux questions, un guide, un organigramme et une vidéo d’information.

