Équité salariale : l’AFPC marche dans les traces de Beth Bilson

L’AFPC tient à honorer la mémoire de l’éminente professeure de droit Beth Bilson, qui, à titre de présidente du Groupe de travail sur l’équité salariale du gouvernement fédéral, a contribué à instaurer un système obligeant employeurs et gouvernements à agir concrètement pour éliminer les écarts salariaux. Dans ses efforts pour assurer l’équité salariale, l’AFPC continue d’exhorter les employeurs à assumer leurs responsabilités au lieu de laisser les travailleuses et travailleurs lutter seuls contre la discrimination. 

Le travail de Mme Bilson a permis d’améliorer la vie professionnelle des femmes et des personnes issues de la diversité des genres, surtout celles exposées à de multiples formes de discrimination. Et il guidera pendant de nombreuses années encore la défense de cette importante cause féministe.  

Équité salariale et système proactif  

L’équité salariale, c’est une rémunération égale pour l’exécution d’un travail de valeur égale. Il s’agit de comparer différents emplois et de s’assurer que, lorsqu’ils apportent une valeur égale à l’organisation, même s’ils sont traditionnellement occupés par des personnes de genres différents, leurs titulaires reçoivent le même salaire. Rappelons que la Loi canadienne sur les droits de la personne de 1977 a reconnu l’équité salariale comme un droit, mais qui s’exerçait uniquement par le dépôt d’une plainte.  

Dans ce contexte, l’équité salariale entre les genres était donc très difficile à réaliser. Il devait y avoir eu discrimination pour donner lieu à une plainte, et il fallait ensuite attendre des années que les enquêtes, audiences et appels aboutissent. L’AFPC a passé des décennies à se battre devant les tribunaux dans d’innombrables causes. En 1999, elle a gagné une grande bataille : plus de 230 000 membres et anciens membres se sont partagé 3,6 milliards de dollars en rajustements rétroactifs et en intérêts. Dans les années qui ont suivi, d’autres dossiers connexes ont été réglés. Ces victoires durement gagnées illustrent à quel point le régime fondé sur les plaintes était injuste et lent et pourquoi une approche différente s’imposait. 

Le Groupe de travail sur l’équité salariale 

En 2001, le gouvernement fédéral a créé le Groupe de travail sur l’équité salariale, présidé par Mme Bilson. Ce groupe a recommandé des lois proactives sur l’équité salariale obligeant les employeurs à travailler avec les syndicats, à passer en revue les salaires et à corriger les écarts fondés sur le genre. Ces lois venaient aussi avec des règles, des mécanismes de surveillance et des sanctions. Elles imposaient aux employeurs de tenir à jour leurs plans d’équité salariale au lieu d’attendre de recevoir des plaintes. Malheureusement, le gouvernement fédéral n’a pas donné suite à la recommandation de Mme Bilson sur l’équité salariale proactive avant 2021.   

Même si les gouvernements du Canada et des provinces comme l’Ontario et le Québec ont adopté des mesures proactives dans les secteurs public et privé, d’importantes lacunes subsistent ailleurs au pays, où de telles obligations sont inexistantes ou limitées. 

Tant que l’équité salariale ne sera pas une réalité nationale, l’AFPC continuera de se battre pour des lois plus musclées, pour un meilleur financement et pour des interventions plus rapides. Nos membres ont emboîté le pas à Mme Bilson et poursuivront son travail dans chaque comité d’équité salariale, chaque dossier sur la question et chaque campagne, sans relâche. 
 

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22 Janvier 2026