Feux de forêt monstres, inondations dévastatrices et chaleur extrême, autrefois cas d’exception, sont en train de devenir la norme. La menace climatique grandissante pèse sur le pays entier – et le gouvernement n’aurait pas pu choisir pire moment pour sabrer dans notre ligne de défense.
Les coupes menacent de fragiliser les services publics partout au pays. C’est le cas, par exemple, au Centre des opérations du gouvernement, qui surveille jour et nuit les urgences et coordonne l’intervention du fédéral.
Parallèlement, nos membres à Parcs Canada et les pompières et pompiers du Syndicat des travailleurs du Nord (STN) sont au front pour maîtriser les feux de forêt et participer aux évacuations. En 2023, l’agence a déployé plus de 300 pompières et pompiers durant une saison des feux record. Ceux-ci ont également combattu les flammes à Jasper en 2024, et continuent de lutter contre les incendies forestiers partout au pays.
Leur travail ne s’arrête pas là. Ces gens s’emploient toute l’année à réduire les risques de feux de forêt par des brûlages dirigés et la préparation aux situations d’urgence. Et parce que beaucoup sont formés pour intervenir en cas d’urgence, on leur demande de plus en plus d’aider lors d’inondations, d’ouragans et de glissements de terrain, entre autres. Alors que l’urgence climatique s’intensifie, ces personnes sont appelées à faire plus avec moins.
Des populations particulièrement à risque
Les catastrophes climatiques touchent tout le monde, mais pas dans la même mesure.
Les communautés autochtones, racisées, nordiques et éloignées peuvent être davantage exposées aux feux de forêt, à la fumée et à d’autres risques environnementaux, tout en ayant moins de ressources pour y faire face et se rétablir.
En région éloignée, une évacuation peut nécessiter des déplacements sur des centaines, voire des milliers de kilomètres. Les Autochtones peuvent aussi perdre leur maison, leur territoire traditionnel et leur mode de vie.
Ces exemples témoignent du racisme environnemental qui sévit : les inégalités exposent certaines communautés aux risques environnementaux et les rendent plus vulnérables à leurs effets. Amputer les services d’urgence ne fera que creuser ces inégalités.
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Protégeons celles et ceux qui nous protègent
Le personnel d’urgence est aussi mis à mal. Les pompières et pompiers forestiers doivent parfois quitter leurs familles pendant des semaines pour travailler de longues journées dans des conditions dangereuses, au contact de la fumée. Les déploiements répétés dans des forêts en flammes et des zones inondées, par exemple, les exposent sans cesse à des situations traumatisantes, ce qui soulève de réelles inquiétudes quant à leur santé mentale à long terme et à la viabilité de ce fardeau croissant.
Les changements climatiques aggravent le risque d’incendie, de chaleur humide extrême et de mauvaise qualité de l’air. Voilà notre nouvelle réalité. Les travailleuses et travailleurs ont donc besoin d’équipement de protection individuelle adapté et de meilleurs moyens de se reposer et de reprendre des forces – pas de ce qui avait cours il y a dix ans. Il leur faut une formation et de l’équipement appropriés, suffisamment de collègues pour prendre la relève, et de bonnes mesures de soutien psychologique.
Le gouvernement fédéral doit renforcer ses équipes de pompières et pompiers d’un océan à l’autre, en particulier dans le Nord. Il doit aussi bonifier les programmes d’intervention d’urgence et de lutte contre les feux de forêt de Parcs Canada (notamment par l’ajout de ressources et l’embauche) avant que le personnel ne croule sous la tâche. Enfin, on doit pouvoir compter sur un Centre des opérations doté du personnel nécessaire pour surveiller les menaces et coordonner les interventions du fédéral 24 heures sur 24. Le gouvernement doit également verdir son fonctionnement en favorisant le télétravail et le transport en commun, par exemple.
Les catastrophes climatiques ne font qu’empirer. On ne peut pas attendre que les gens qui nous protègent arrivent au bout du rouleau avant de leur allouer les ressources dont ils ont besoin.

