DeSousa: Les services publics, une bouée de sauvetage en période tendue

Lettre d’opinion de Sharon DeSousa, présidente nationale de l’AFPC publiée dans le Droit

Les menaces grandissantes proférées par Donald Trump à l’égard de l’économie, de la sécurité et de la souveraineté du Canada se répercuteront sur chacune et chacun d’entre nous. En cette période d’incertitude, les travailleuses, les travailleurs et les familles comptent plus que jamais sur la fonction publique.

Alors que les tensions s’accentuent et que la guerre des tarifs pousse notre économie en eaux troubles, nos services publics sont une bouée de sauvetage pour les gens ordinaires.

En réponse à ces tarifs, le gouvernement fédéral a annoncé des mesures totalisant six milliards de dollars, sous forme de soutien aux entreprises et d’assouplissement des exigences d’admissibilité à l’assurance-emploi pour les personnes qui verront leurs heures de travail diminuer. Ces programmes sont un autre exemple des services publics essentiels que les membres de l’AFPC assurent chaque jour.

Il faut toutefois veiller à ce qu’il y ait assez de fonctionnaires pour traiter efficacement l’afflux de demandes d’assurance-emploi et d’accords de travail partagé qu’entraîneront ces initiatives.

Pour braver la tempête économique, les ministères comme Emploi et Développement social Canada ne peuvent se résoudre à éliminer des postes de fonctionnaires pendant que les travailleuses et travailleurs de partout au pays compteront justement sur ces gens pour obtenir du soutien financier dans un moment de grande nécessité.

Il n’est pas seulement question de protéger notre main-d’œuvre et nos entreprises. Ce sont nos familles, nos frontières et nos collectivités tout entières qui dépendent d’une fonction publique pleinement financée.

Jour après jour, les fonctionnaires fournissent des services qui cimentent la société alors que tout menace de s’écrouler.

Au moment où nous devons pouvoir compter sur une fonction publique robuste pour protéger notre pays, les politiciens parlent de supprimer des milliers de postes sous prétexte de «recentrer les dépenses gouvernementales». Ne nous trompons pas: ces coupes prolongeront l’attente des nouveaux parents qui demandent des prestations parentales. Elles réduiront le nombre d’inspectrices et d’inspecteurs qui veillent à la qualité de nos aliments.

Les compressions dans la fonction publique compromettront le filet de sécurité du Canada.

Les tarifs imposés par les États-Unis menacent nos emplois, comme on l’a déjà constaté du côté des métallurgistes. Ces travailleuses et travailleurs sont les piliers de notre société. La main-d’œuvre, les petites entreprises et les industries du pays, qu’on pense à l’agriculture ou à la pêche, auront besoin de ce filet de sécurité. La dernière chose qu’il faut faire, en ce moment, c’est d’éliminer davantage de bons emplois.

Pour traverser cette crise-ci, mais aussi les prochaines, il faut protéger nos services publics, et donc soutenir les centaines de milliers de personnes qui assurent ces services indispensables.

Aux élections fédérales, le peuple canadien devra faire un choix. Nous pouvons nous serrer les coudes face à l’adversité et élire un gouvernement qui appuie les services publics, les bons emplois et la sécurité de notre avenir. Ou nous pouvons laisser la peur et la division nous mener sur le chemin des compressions, de la privatisation et de l’instabilité.

Mon choix est fait: je me range du côté du Canada, et des fonctionnaires qui en font un pays solide.

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3 Avril 2025