Coupes aux Services frontaliers et à Anciens Combattants : personne n’est à l’abri 

La liste des fonctionnaires touchés par les coupes massives s’allonge : c’est maintenant au tour de ceux qui protègent nos frontières et qui soutiennent les vétéranes et vétérans et leurs familles de subir le même sort. 

Plus de 400 membres de l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) et du Syndicat des Douanes et de l’Immigration (SDI) ont reçu la semaine dernière un avis les informant qu’ils pourraient perdre leur emploi à l’Agence des services frontaliers du Canada. Parallèlement, les membres de l’AFPC et du Syndicat des employé-e-s des Anciens combattants (SEAC) qui travaillent au Bureau de services juridiques des pensions doivent faire face à une réduction de 44 % des effectifs. 

Cumulées, ces décisions envoient un message clair : aucun service ni fonctionnaire n’est à l’abri des coupes irresponsables dans les programmes fédéraux. 

« Le premier ministre Carney joue dans la même ligue que Chrétien et Harper, et ça produira les mêmes mauvais résultats », déplore Sharon DeSousa, présidente nationale de l’AFPC. « Le gouvernement doit arrêter de nous ressortir ses mesures d’austérité inefficaces et commencer à investir dans les services publics dont on a besoin. » 

Ces coupes s’inscrivent dans le plan du gouvernement fédéral d’amputer les services publics d’encore 30 000 postes d’ici trois ans. Plus de 13 000 membres de l’AFPC ont déjà reçu un avis leur expliquant que leur emploi est en péril. 

Au tour des services frontaliers d’y passer 

Les membres de l’AFPC-SDI à l’Agence des services frontaliers jouent un rôle névralgique pour la protection des frontières, l’application des règles commerciales et la sécurité publique. Pourtant, 445 d’entre eux ont reçu un avis de réaménagement des effectifs dans le cadre des coupes de 208 millions de dollars prévues à l’Agence. 

« C’est déconcertant de voir que le gouvernement charcute la fonction publique alors que ses services sont plus nécessaires que jamais », déclare Mark Weber, président national du SDI. « Se débarrasser de savoir et d’expertise indispensables ne nous rendra que plus vulnérables. » 

Le moment ne pourrait être plus mal choisi, les services frontaliers subissant de plus en plus de pressions. Avec ces coupes dans l’expertise et les effectifs de première ligne, le pays peinera encore plus à répondre aux risques émergents et à assurer une circulation fluide des personnes et des biens.  

Vague de compressions à Anciens Combattants Canada alors que les retards s’accumulent 

Le gouvernement veut abolir 44 % des postes au Bureau de services juridiques des pensions du Ministère en éliminant 72 postes temporaires et 24 postes contractuels d’avocats, ce qui fera passer les effectifs de 226 personnes à 130. Rappelons que le Bureau offre gratuitement des conseils, de l’assistance et de la représentation juridiques aux vétérans, aux membres de la GRC et à leurs familles. 

« Les vétérans et leurs familles ont besoin d’un soutien rapide et professionnel et ne devraient pas avoir à se battre pour des prestations qui leur reviennent », estime Toufic El-Daher, président national du SEAC. « Moins de personnel, ça signifie plus d’attente et des obstacles évitables pour des gens qui ont déjà tant donné. » 

Avec 27 000 demandes déjà en attente et 25 000 de plus prévues en 2026, abolir près de la moitié des postes de soutien et de services juridiques entraînera inévitablement des retards et des problèmes supplémentaires. On s’attend même à ce que le temps d’attente – qui est déjà d’un an – triple. 

Or, ces coupes pourraient être évitées. En effet, le Ministère prévoit déjà d’économiser 4,4 milliards de dollars à long terme en réduisant le taux de remboursement des dépenses en cannabis médical – encore une fois, aux frais des vétérans et des membres de la GRC qui en ont besoin. Résultat : bon nombre pourraient désormais devoir débourser plus de leurs poches pour arriver à gérer un état de stress post-traumatique, une douleur chronique ou d’autres blessures liées à leur service. Malgré tout, l’employeur va de l’avant, brimant les vétérans deux fois plutôt qu’une. 

L’AFPC et le SEAC réclament un financement stable et permanent pour le Bureau afin d’assurer la continuité des services. Les vétéranes et vétérans méritent un soutien rapide et de qualité, ce qui n’est possible qu’avec des effectifs stables et des investissements à long terme. 

Moins de fonctionnaires, c’est moins de services 

Le gouvernement allègue la gestion budgétaire responsable, mais la réalité est tout autre : sabrer dans la fonction publique, c’est amputer les services. 

Plus d’attente pour les prestations aux vétérans; ralentissement du traitement à la frontière; effritement de la sécurité publique : tout le monde en pâtira, pas seulement les fonctionnaires. 

L’AFPC continuera de se battre contre ces mesures irréfléchies et de défendre les services publics dont les gens ont besoin chaque jour. 

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26 Février 2026