Mois du patrimoine asiatique

Désignation officielle

En décembre 2001, le Sénat a adopté une motion visant à désigner officiellement le mois de mai comme Mois du patrimoine asiatique au Canada. Cet événement est l’occasion de souligner et de célébrer la longue et riche histoire des Canadiens d’origine asiatique et leurs contributions au Canada, sans oublier les nombreuses luttes qu’ils doivent mener.

Discrimination raciale

Depuis leur arrivée dans les années 1800, les immigrants d’Asie ont été exposés au racisme et à la discrimination raciale : lois restrictives sur l’immigration, refus du droit de vote, ségrégation et autres droits bafoués. 

Certaines de ces mesures ouvertement racistes ont été éliminées progressivement avec l’adoption de lois sur les droits de la personne. Mais des formes subtiles de racisme et de discrimination persistent.  

Programme des travailleurs étrangers temporaires

Les immigrants chinois ont largement contribué à la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique à la fin du XIXe siècle. Pourtant, ils n’obtenaient pas un salaire aussi élevé que les autres travailleurs. Malheureusement, l’histoire semble se répéter pour les travailleurs racialisés. Ils sont nombreux à entrer au pays par l’entremise du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), qui a pris beaucoup d’ampleur au cours de la dernière décennie.

Les travailleurs qui viennent ici dans le cadre de ce programme ont un accès très limité à la résidence permanente et à la citoyenneté et ne sont pas visés par les mêmes protections et normes du travail que les autres travailleurs au Canada. 

Ils n’ont également pas accès à l’assurance‑emploi ni aux prestations des régimes de retraite publics, même si on les oblige à y contribuer. Le PTET offre non seulement des emplois mal payés et précaires, mais il confine également les travailleuses et travailleurs à un employeur unique, ce qui ouvre la porte aux abus.

Le nouveau gouvernement a annoncé qu’il compte revoir le PTET. Il est essentiel que les travailleurs étrangers puissent participer pleinement à ce processus.

Projet de loi C-51 – Loi antiterroriste

Les lois antiterroristes adoptées après le 11 septembre 2001, et plus récemment la Loi antiterroriste de 2015, sont des mesures tout aussi préoccupantes. Cette Loi permet aux agences de sécurité gouvernementales d’échanger des renseignements sur des personnes, sans mandat ni supervision. Elle élargit également le mandat du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).

Les communautés asiatiques, surtout celles originaires du sud de l’Asie ou de foi musulmane, estiment que ces dispositions législatives menacent leurs droits et leurs libertés civiles. 

De nombreux organismes de défense des droits de la personne revendiquent l’abrogation de cette Loi. Le gouvernement actuel a convenu de la réexaminer sans toutefois s’engager à l’abroger. Nous estimons qu’elle doit être abolie et qu’un organisme de surveillance doit superviser le travail des agences responsables de la sécurité nationale. 

Deuxième Guerre mondiale

Encore une fois, il existe un précédent en ce qui a trait à la violation des droits fondamentaux des personnes racialisées. En réaction au conflit qui opposait le Canada au Japon durant la Deuxième Guerre mondiale, le premier ministre William Lyon Mackenzie King a publié une série de décrets ordonnant l’incarcération de tous les Canadiens d’origine japonaise dans des camps d’internement. Le gouvernement les chassait de leur maison, qu’il vendait ensuite.

Pourtant, il ne réservait pas le même sort aux personnes d’origine allemande ou italienne, dont la patrie était alors également opposée au Canada. Les autorités ne les internaient que si elles avaient des doutes à leur égard.

Militantes et militants d’origine asiatique

Tout au long de l’histoire du Canada, des militants communautaires et syndicaux d’origine asiatique ont contesté ces lois et ces pratiques discriminatoires. Ainsi, à l’époque où le mouvement syndical n’était pas très accueillant pour les groupes minoritaires, ces militants ont créé leurs propres associations, comme la Chinese Trade Workers’ Association en Colombie-Britannique ou l’Alliance des travailleuses et travailleurs canadiens d’origine asiatique en Ontario.  

Des militants d’origine chinoise ont lancé une campagne sur la taxe d’entrée imposée aux Chinois et sur l’internement des personnes d’origine japonaise. Les sikhs demandent également des excuses pour l’incident du Komagata Maru. Le gouvernement avait alors refusé l’entrée au Canada à des passagers sikhs, dont beaucoup sont décédés. 

Célébration et solidarité

L’AFPC encourage ses membres à participer aux activités qui soulignent l’héritage et les contributions des Canadiens d’origine asiatique et à dénoncer les lois et politiques qui causent du tort aux communautés racialisées. 

13 Mai 2014
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