La fête du Travail n’est pas qu’un jour férié, c’est aussi un appel à l’action. Un cri de ralliement qui rappelle aux travailleuses et travailleurs de partout que ces droits qui vont maintenant de soi ont été chèrement acquis. Ce sont des victoires arrachées de haute lutte par des gens qui se sont serré les coudes et ont refusé de céder.
Les travailleuses et travailleurs ont toujours été le moteur des avancées historiques : congé de maternité et congés parentaux, protection de la santé et sécurité, pensions, congés de maladie payés, salaires équitables, assurance-emploi… Si vous ou vos proches en avez déjà bénéficié, pensez à remercier le mouvement syndical. Et préparez-vous à défendre ces droits, car le combat est loin d’être terminé.
Ces victoires n’ont pas fait qu’améliorer salaires et conditions de travail, elles ont changé nos vies. Elles ont garanti un avenir meilleur aux gens ordinaires : femmes, personnes de genre divers, personnes ayant un handicap, Autochtones, personnes racisées, et bien d’autres encore.
Les membres de l’AFPC ont joué un rôle déterminant dans cette quête. C’est notre pouvoir collectif qui fait notre force. Mais notre combat est loin d’être terminé. Lorsque le gouvernement Carney a invoqué l’article 107 du Code canadien du travail – décision inconsidérée s’il en est – pour mettre fin à la grève des agentes et agents de bord d’Air Canada, il a clairement montré qu’il était prêt à bafouer ce droit fondamental de négocier librement et d’exercer des moyens de pression lors d’un conflit de travail.
Aux yeux des travailleuses et travailleurs, des militantes et militants, c’est une ligne à ne pas franchir.
Protéger nos droits
Soyons clairs : la seule voie vers des conventions collectives durables et équitables, c’est la table de négociation. Mais quand l’employeur peut compter sur l’ingérence du gouvernement pour le tirer d’affaire, l’équité devient chimère.
Et ce n’était pas la première fois que l’on invoquait injustement cette disposition : la même stratégie avait été utilisée l’année dernière pour ramener le personnel des services postaux au travail.
Le refus courageux des agentes et agents de bord membres du SCFP face à l’ordonnance fédérale est un cri de ralliement pour les travailleuses et travailleurs de tous les secteurs, partout au pays.
Nous ne céderons pas aux attaques contre nos droits fondamentaux, qu’elles proviennent de l’employeur ou du gouvernement. Ce combat vise à sonner le glas de l’article 107 du Code canadien du travail, qui prive les travailleuses et travailleurs de leur pouvoir de négociation et rescape des employeurs qui jamais n’ont eu l’intention de les traiter équitablement. C’est un triste refrain qui se répète : « Vous n’avez pas vraiment de pouvoir, c’est nous qui décidons. »
À bas l’article 107 du Code canadien du travail
C’est pourquoi l’AFPC demande à tous les partis fédéraux de faire équipe pour présenter un projet de loi qui abolira l’article 107 du Code canadien du travail. Dès la reprise des travaux du Parlement le 15 septembre, ils doivent en faire une priorité.
Nous devons lutter coude à coude, dans tout le mouvement syndical, pour envoyer un message clair à ce gouvernement et aux employeurs de tout le pays : nous ne resterons pas les bras croisés devant la menace qui pèse sur nos droits.
En toute solidarité,
Sharon DeSousa, Présidente nationale, AFPC