Braver la tempête avec espoir, unité… et solidarité

Article rédigé par Craig Reynolds, vice-président exécutif régional, AFPC-Ontario

Je suis allé en Jamaïque après le passage de l’ouragan Melissa… la situation là-bas m’a profondément ébranlé. Je suis né à South Saint Elizabeth, la région la plus durement touchée. Les quartiers de mon enfance étaient méconnaissables. Ce milieu autrefois vibrant, théâtre de tant de souvenirs heureux, n’était plus que l’ombre de lui-même.

Un peu partout les bâches remplaçaient les toits, les routes étaient noyées sous l’eau et les écoles étaient converties en centres de santé d’urgence. Les lignes électriques gisaient sur le sol à perte de vue, emmêlées dans des arbres déracinés. Au sol, des arbres fruitiers qui ont nourri des générations, moribonds et rachitiques. Devant telle hécatombe, comment ne pas perdre espoir?

L’ouragan Melissa est l’un des plus violents dans les annales de l’océan Atlantique et le cyclone le plus puissant du monde en 2025. C’est en Jamaïque, à Cuba et en Haïti que les dommages ont été les plus graves. L’ouragan a fait au moins 90 victimes et détruit les cultures et des infrastructures essentielles (hôpitaux, réseaux de communication, centrales électriques). Même après des semaines, des milliers de gens sont toujours sans abri. En Jamaïque, plus de 1 000 personnes vivent encore dans des refuges.

À Cuba, c’est plus de 215 000 maisons qui ont été endommagées, affectant environ 645 000 personnes. Le pays souffre également d’une grave pénurie de médicaments pour traiter les maladies transmises par l’eau en raison des sanctions américaines maintenues depuis des décennies, une situation autrement aggravée par l’ouragan. Malgré tout, les gens s’organisent : les besoins en services d’urgence s’amoindrissant, on commence à rebâtir les logements, rouvrir les écoles et remettre sur pied les services publics de base (eau, électricité, soins de santé).

À cause des changements climatiques, ce genre de phénomène est appelé à s’intensifier et à se faire de plus en plus fréquent. Et même s’ils ne causent qu’une infime partie de la pollution à l’origine des changements climatiques, ce sont les petits pays insulaires des Antilles qui en souffrent le plus. Logements détruits, emplois perdus, services publics en ruines, le sort s’acharne sur la population. C’est pourquoi il faut, aujourd’hui plus que jamais, se battre pour la justice climatique et un financement équitable de la lutte aux changements climatiques.

Il n’en reste pas moins qu’une lueur d’espoir brille malgré la catastrophe : les gens. Les voisins partageaient le peu qu’ils avaient. On allait vérifier l’état de santé des personnes âgées, nettoyer les débris et aider les familles sans domicile. Sur leurs visages, c’est la force, la dignité et l’espoir qu’on pouvait lire. Pas question de baisser les bras.

J’ai été marqué par le travail de la BREDS Treasure Beach Foundation, un organisme communautaire sans but lucratif de South Saint Elizabeth. J’étais fier et reconnaissant du soutien offert à BREDS par l’AFPC dans cette période difficile. L’Alliance a ainsi pu aider l’organisme à fournir de l’eau potable et de l’aide, à préparer des repas chauds et à réparer les toits endommagés.

Au-delà de son aide à court terme, BREDS a aussi fourni des semences et fertilisants pour relancer les cultures ainsi que des fils pour réparer les casiers et recommencer à pêcher.

Le Fonds de justice sociale de l’AFPC (FJS) a octroyé une aide humanitaire de 50 000 $ pour soutenir les travailleuses et travailleurs, les familles et les collectivités touchées par l’ouragan Melissa en Jamaïque, en Haïti et à Cuba, dans les Antilles. Plus de 30 000 $ sont allés directement aux communautés de la Jamaïque pour aider la Croix-Rouge canadienne à fournir de la nourriture, de l’eau potable, des logements et d’autres formes d’aide d’urgence aux personnes blessées ou sans abri. 

En parallèle, le FJS a aidé le Réseau canadien pour Cuba à appuyer les familles délogées en leur livrant de la nourriture et des biens essentiels, et en collaborant avec les organismes locaux pour répondre efficacement aux besoins les plus criants.

Ce voyage m’a permis de constater le soutien de l’AFPC aux travailleuses et travailleurs et aux communautés, surtout à South Saint Elizabeth, alors que la population se remet sur pied. Notre appui s’inscrit dans une action plus large du mouvement syndical pour réclamer de meilleurs services publics et des infrastructures résilientes dans la région. Nous travaillons avec des partenaires locaux, communautaires et régionaux pour aider celles et ceux qui en ont le plus besoin et contribuer à un rétablissement à long terme, en plus de leur offrir une aide d’urgence.

La résilience, la force et la solidarité des gens en Jamaïque et dans les Antilles n’ont cessé de me rappeler à notre propre mission syndicale. Ils n’abandonnent pas, nous non plus. Ensemble, nous pouvons bâtir un avenir où les communautés sont solides, sûres et soudées.

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10 Février 2026