Sondage auprès des fonctionnaires : Harcèlement et impact des compressions

Les résultats du Sondage auprès des fonctionnaires fédéraux de 2014, publiés hier, témoignent de l’impact négatif des récentes compressions imposées à la fonction publique et des problèmes incessants de harcèlement et  de santé mentale au travail. Malgré tout, la plupart des fonctionnaires continuent de se donner de tout cœur à leur travail.

Le Sondage auprès des fonctionnaires fédéraux, mené tous les trois ans, prend le pouls des fonctionnaires à propos de leurs activités professionnelles et de leur milieu de travail. Au total, 182 165 employés de 93 entités fédérales y ont répondu en 2014.

Compressions dans la fonction publique

Les répondants remettent en cause leur capacité à offrir des services de qualité, car ils estiment en nombre toujours plus grand ne pas obtenir le soutien dont ils ont besoin pour offrir des services de qualité. Il s’agit là d’une baisse significative par rapport à 2011. 

  • La plupart des fonctionnaires se disent fiers de leur travail (88 %) ou affirment qu'ils en tirent une certaine satisfaction (74 %). La grande majorité (93 %) est prête à déployer encore plus d'efforts pour mener le travail à bon terme. Mais ces chiffres ont baissé par rapport à 2011, ce qui reflète le moral des fonctionnaires.
  • Pour 48 % des répondants, « faire le même travail (ou en faire plus) avec moins de ressources » porte atteinte à la qualité. C'est 4 % de plus qu'en 2011 et 6 % de plus qu'en 2008. Le manque de stabilité dans leur ministère ou agence et le fort roulement de personnel menacent également la qualité de leur travail.   

« Ces résultats montrent clairement l’impact direct des compressions sur les fonctionnaires et la qualité des services qu’ils sont en mesure de fournir à la population, déclare Robyn Benson, présidente nationale de l'AFPC. Ils ne se sentent pas appuyés dans leur travail. Ils doivent faire plus avec moins de moyens. »

Santé mentale et harcèlement au travail

Pour favoriser la santé mentale des travailleuses et travailleurs, il importe d’enrayer le harcèlement, la discrimination, l’abus de pouvoir, le stress, l’injustice et le manque de respect au travail. D’ailleurs, les employeurs sont tenus de créer et de maintenir un environnement de travail physiquement et psychologiquement sans danger pour leur personnel. Les problèmes de santé mentale représentent environ la moitié des réclamations pour invalidité approuvées dans la fonction publique fédérale.

Le sondage révèle que les facteurs qui nuisent à la santé mentale sont toujours plus présents au travail.

  • Les fonctionnaires sont moins nombreux à se dire capables d’harmoniser vie professionnelle et vie personnelle. Ils ont moins d’occasions de contribuer aux décisions qui touchent leur travail. On reconnaît moins le travail bien fait. Autant de facteurs qui nuisent à la santé mentale.
  • Autre fait troublant, les fonctionnaires sont toujours plus nombreux (environ un sur cinq) à déclarer avoir été victimes de harcèlement au travail, même si la plupart ne déposent pas de grief, par crainte de représailles ou par défaitisme. 

« On voit donc qu’à la fonction publique, on ne s’attaque pas aux problèmes, conclut la présidente nationale. Les choses vont de mal en pis. L’AFPC vient de déposer des revendications relatives à la santé mentale dans la fonction publique. Le Conseil du Trésor n’a plus aucune excuse et doit travailler avec nous pour améliorer la situation. »

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6 Février 2015
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