Réforme du Code du travail : les grosses entreprises ne veulent rien savoir

En cette fête du Travail, nous devrions célébrer la réforme du Code canadien du travail et toutes les mesures visant à aider les travailleuses et travailleurs à statut précaire.

Les patrons d’entreprises, eux, jouent les rabat-joie. Ils s’opposent carrément à ce que leurs employés aient enfin accès à certains droits et certaines protections. 

Le 1er septembre, des changements progressistes au Code entreront en vigueur. Désormais, les normes régissant les milieux de travail sous réglementation fédérale (banques, compagnies aériennes, sociétés de transport, etc.) seront plus équitables pour les quelque 900 000 travailleuses et travailleurs de ce secteur. Entre autres dispositions bonifiées, mentionnons celles sur les horaires de travail, les indemnités de vacances, les pauses et les congés.

Ces modifications découlent de l’adoption de deux lois par le parlement canadien en 2017 et 2018. Elles transformeront véritablement la vie des travailleuses et travailleurs les plus vulnérables au pays.

« Une mauvaise surprise », disent les avocats des sociétés. Pourtant, ces changements ont fait l’objet d’examens rigoureux, de consultations et d’études depuis plusieurs années. Ils affirment que ces changements sont radicaux et auront des effets néfastes sur leurs profits.

Est-ce si radical d’accorder une pause de 30 minutes non payée entre chaque période de 5 heures? Ou de demander que les employeurs avisent les employés d’un changement à l’horaire de travail 24 heures à l’avance? Ou encore de donner un congé non payé de 10 jours aux employés qui sont victimes de violence famille ou dont les enfants sont violentés? Apparemment, oui, selon les avocats. En réalité, le gouvernement ne fait qu’apporter des changements qui amélioreront la qualité de vie de ses employés et qui reflètent les milieux de travail du XXIe siècle. Pas plus compliqué que ça.

Les employeurs ont toujours de la difficulté à accepter des mesures législatives qui protègent la main-d’œuvre. Le statu quo est menacé; il y aura une période d’adaptation. Il convient de préciser que les normes fédérales ne s’appliquent pas aux petits commerces familiaux, mais bien aux grandes entreprises, les WestJet, UPS et CN de ce monde, qui devraient plutôt donner l’exemple.

Ces compagnies, et d’autres, veulent des exemptions. Elles veulent pouvoir continuer de priver leurs employés de pauses non rémunérées ou du droit de refuser des heures supplémentaires parce qu’ils doivent aller chercher leurs enfants à l’école. Bref, elles veulent des passe-droits.

Mais les nombreuses demandes d’exemptions des grandes entreprises, si elles sont adoptées, rendraient ces nouvelles mesures bien futiles pour une grande partie des employés sous réglementation fédérale, que le Parlement veut justement mieux protéger.

Les entreprises n’ont pas étayé leurs affirmations selon lesquelles les modifications au Code créent des problèmes insurmontables. Elles n’ont pas non plus reconnu les répercussions que ces exemptions auraient sur les travailleurs, ni montré la moindre volonté de les atténuer.

Les Canadiennes et les Canadiens devraient se réjouir des changements apportés au Code canadien du travail. Ils devraient aussi exiger que les normes du travail provinciales et territoriales soient actualisées. Tous les travailleurs ont besoin d’un meilleur équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle.

L’Alliance de la Fonction publique du Canada ne laissera pas les entreprises protéger leurs profits au détriment des travailleurs, et la population canadienne doit elle aussi se mobiliser.

27 Août 2019