La trahison du gouvernement canadien à l’endroit des anciens combattants

Le gouvernement trahit les anciens combattants. Après avoir risqué leur vie au nom de la population canadienne, ils sont nombreux à se fier aux services que leur procure le ministère des Anciens Combattant Canada (ACC); c’est le cas notamment des vétérans qui ont subi des blessures graves, qui se retrouvent avec un handicap ou qui souffrent d’un état de stress post-traumatique. 

Pourtant, quand ils se sont enrôlés, on leur a promis que le gouvernement du Canada s’occuperait d’eux jusqu’à leur mort. Or, depuis 2012, le Ministère a dû réduire de façon draconienne son personnel et ses services, de telle sorte que nos anciens combattants ne reçoivent plus désormais les soins indispensables auxquels ils ont droit.

En janvier 2014, le fédéral a fermé neuf bureaux d’Anciens Combattants, à Charlottetown, Corner Brook, Sydney, Thunder Bay, Windsor, Brandon, Saskatoon, Prince George et Kelowna. De nombreux vétérans nous ont avoué qu'ils doivent conduire pendant des heures pour se rendre à un bureau de service ou attendre interminablement au téléphone avant de pouvoir parler à un agent. 

  • Vince Rigby, un ancien Casque bleu, souffre de stress post-traumatique. Résidant de Sydney, au Cap-Breton, il n’a plus accès à des services personnalisés depuis la fermeture du bureau d’Anciens Combattants l’an dernier : « Je n’ai plus de conseiller. Donc, je n’ai aucune idée des traitements qui existent ».
     
  • Originaire de Windsor, en Ontario, Robyn Young est une ancienne combattante de 24 ans. Elle est atteinte d’une tumeur au cerveau, qui avait été mal diagnostiquée lorsqu’elle était dans l’armée. Sa mère, Pearl Osmond (vétéran, elle aussi), se bat pour elle. À plusieurs reprises, elle a dû amener sa fille – très malade – jusqu’au bureau de London, ce qui représente quatre heures (aller-retour) en voiture.
     
  • Rob Cutbush cumule 25 ans de service dans la Marine. Ce résident de Thunder Bay, en Ontario, souffre de stress post-traumatique. Depuis la fermeture du bureau d’ACC, ses symptômes ont empiré parce qu’il ne peut plus consulter quelqu’un pour discuter de son traitement médical.

Compressions à Anciens Combattants Canada : les faits

  • Depuis 2012, ACC a perdu plus de 900 emplois équivalents plein temps sur 4 000, soit presque 25 % de son effectif. Le Ministère n’a pas remplacé un seul des employés qui, au cours des deux dernières années, ont démissionné ou pris leur retraite. La pénurie de personnel est si grave que les vétérans doivent attendre jusqu’à huit mois avant d’obtenir des services.
     
  • De nombreux vétérans nous ont avoué que, depuis la fermeture des neuf bureaux, en janvier 2014, ils doivent conduire pendant des heures pour se rendre à un bureau de service ou attendre interminablement au téléphone avant de pouvoir parler à un agent. 
     
  • Les agents de Service Canada font leur possible, mais comment peuvent-ils aider les vétérans sans même avoir accès à leurs dossiers? Et comment y arriver sans avoir été formés pour traiter des demandes de prestations de retraite et d’invalidité?
     
  • Les gestionnaires de cas ont de plus en plus de dossiers à traiter, et les vétérans sont de plus en plus frustrés.
     
  • Chaque agent du service à la clientèle, le premier contact des vétérans avec le Ministère, est maintenant responsable d’un volume effarant de dossiers : entre 750 et 1 200.
     
  • Selon le vérificateur général Michael Ferguson, un vétéran sur cinq souffrant d’un problème de santé mentale est forcé d’attendre jusqu’à huit mois pour obtenir de l’aide de l’État.
     
  • Le gouvernement a annoncé un financement additionnel de 200 millions de dollars pour les services de santé mentale aux anciens combattants. Le hic, c’est que cette somme sera échelonnée sur 50 ans

Les besoins augmentent chez les vétérans

Aujourd’hui, on compte 695 700 vétérans au Canada, ainsi que 110 000 membres des Forces canadiennes et de la GRC en exercice. Sur ce nombre, 126 000 personnes bénéficient des avantages et des services offerts par le ministère, ce qui ne tient pas compte des survivants, des conjoints et des membres de la GRC. En mars 2013, la clientèle du ministère s’élevait à 212 199 personnes. De plus, on compte 570 000 vétérans qui ne sont pas clients et ne sont peut-être pas au courant des programmes et des services mis à leur disposition.

Depuis deux ans, le nombre de vétérans de l’ancienne génération (en excluant les proches, les survivants et la GRC) qui bénéficient des services du ministère des Anciens combattants est passé de 63 000 à 49 000. Par contre, le nombre de vétérans des forces régulières (en excluant toujours les proches, les survivants et la GRC) est passé de 68 000 à 76 000. Et il continuera d’augmenter, puisqu’en 2013, l’âge moyen des 594 300 membres actuels des Forces canadiennes était de 56 ans.

Rappelons que les anciens combattants de la génération précédente exigent de plus en plus de soins avec l’âge et que les jeunes vétérans qui se prévalent aujourd’hui des services du Ministère, notamment ceux qui rentrent de l’Afghanistan, tendent à avoir des besoins plus complexes que leurs aînés. En effet, nombreux sont ceux à qui on a diagnostiqué un problème de santé mentale grave comme un état de stress post-traumatique ou un trouble obsessif-compulsif attribuable aux expériences vécues lorsqu’ils étaient en mission.

Privatisation des services

En février 2015, le gouvernement fédéral a annoncé qu’il éliminait 44 postes au ministère des Anciens Combattants. C’est donc la fin des services d’autorisation de traitement offerts par l’État aux anciens combattants âgés ou malades.

Cette décision aura un impact dévastateur sur les vétérans, qui devront désormais faire affaire avec une compagnie d’assurance, Croix Bleue Medavie, plutôt qu’avec des fonctionnaires bien au fait de leur situation.

Jusqu’à tout récemment, un ancien combattant souffrant d’un problème de santé lié à son service pouvait être jugé admissible par son médecin et son gestionnaire de cas à des « avantages médicaux ». Ces avantages englobent divers services (counselling, physiothérapie, massothérapie, etc.). Pour bien des vétérans, ils sont beaucoup plus cruciaux qu’une aide financière parce que de tels avantages améliorent leur qualité de vie.

Les agents du service à la clientèle du ministère téléphonaient une fois par année aux anciens combattants pour s’assurer qu’ils recevaient bien tous les avantages auxquels ils avaient droit. Aujourd’hui, la Croix Bleue se contente d’envoyer une lettre et elle coupe les vivres à ceux qu’elle ne peut joindre par téléphone. Dans pareil cas, le bénéficiaire doit parfois attendre jusqu’à trois mois avant qu’on rétablisse ses prestations.

Nos revendications

 

Sujets : 

10 Mars 2015