Projet de privatisation des centrales de chauffage et de refroidissement dans la région de la capitale nationale : Une économiste tire la sonnette d’alarme

Ottawa

En partenariat avec l’Alliance de la Fonction publique du Canada, l’économiste Robin Shaban a publié un rapport sur le projet de privatisation des principales centrales de chauffage et de refroidissement dans la région de la capitale nationale (RCN).

Robin Shaban est économiste et directrice du cabinet Robin Shaban Consulting. Elle réside à Ottawa. Ses travaux portent sur divers sujets, dont la privatisation, la réglementation des entreprises, la fiscalité et le travail précaire. Elle prépare actuellement un doctorat en politique publique à l’Université Carleton.

Selon Mme Shaban, une telle privatisation représente des risques pour la santé et la sécurité de 50 000 employés et plus qui sont physiquement et quotidiennement exposés à ces centrales ainsi que ceux chargés de leur fonctionnement.

Pour son étude, Mme Shaban a évalué le programme d’acquisition de services énergétiques (PASE), un partenariat public-privé proposé pour l’exploitation et la gestion de cinq centrales de chauffage et de refroidissement dans la RCN. Son objectif : examiner l’analyse de rentabilisation du programme et les prévisions financières du gouvernement à cet égard.

En dépit de ses nombreuses demandes d’information, le gouvernement a soit refusé de lui répondre, a retardé considérablement avant de répondre ou a caviardé l’information envoyée. Pour compléter sa recherche, Mme Shaban a donc mené une série d’entrevues auprès du personnel des centrales. Elle voulait profiter de leurs connaissances et de leur expérience pour nous permettre d’évaluer la viabilité et le bien-fondé du PASE. Dans son rapport, elle mentionne les graves inquiétudes exprimées par ces travailleuses et travailleurs et le manque d’information de la part du gouvernement.

« D’après ces employés, le fonctionnement des systèmes de chauffage et de refroidissement peut être un travail très dangereux et parfois vraiment terrifiant lorsque les choses tournent mal, d’indiquer Mme Shaban. Passer du secteur public, dont la principale motivation est la sécurité publique, au secteur privé dont le principal intérêt est le profit, demeure un projet très inquiétant et même insensée. »

« Ce programme soulève de sérieuses questions. Quelles en seront les répercussions pour l’environnement, la sécurité. À combien s’élèvera le coût de 30 années d’exploitation par le secteur privé? Il suffit de penser à l’explosion mortelle de 2009 qui s’est produite en raison du mauvais entretien des chaudières, entretien confié à un entrepreneur privé incorrectement accrédité, pour reconnaître qu’il faut user de prudence dans ces situations. Nous demandons au gouvernement de mettre son projet sur pause, le temps du moins de répondre à nos questions, » a déclaré Greg McGillis, vice-président exécutif régional de l’AFPC-RCN.

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21 Mai 2019
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