Privatisation des centrales de chauffage : le gouvernement Trudeau doit s’arrêter et répondre aux questions

Les dirigeants de 4 syndicats nationaux et régionaux représentant 1,2 million de travailleuses et travailleurs pressent le gouvernement Trudeau de faire marche arrière dans le dossier de la privatisation des centrales de chauffage et de climatisation de la région de la capitale nationale. Ils lui demandent également de cesser d’esquiver les questions concernant les dangers potentiels des changements irresponsables qu’il compte apporter à la gestion de ces infrastructures essentielles.

Toutes les personnes qui fréquentent les édifices desservis par ces centrales ont le droit de savoir qu’on se préoccupe de leur santé et de leur sécurité.

Les résidents d’Ottawa et de Gatineau ont le droit de savoir que le gouvernement protège les infrastructures publiques de sorte que les centrales ne déversent pas d’eau contaminée de substances cancérigènes dans le réseau d’aqueduc et la rivière des Outaouais.

Les Canadiennes et Canadiens ont le droit de savoir que le gouvernement ne gaspille pas d’argent sur ce projet en le confiant au secteur privé, alors que la fonction publique pourrait continuer d’offrir un meilleur service à moindre coût.

Le 2 octobre dernier, nous avons écrit à Catherine McKenna, ministre de l’Environnement et du Changement climatiqueet porte-parole du gouvernement dans ce dossier. Nous lui avons demandé poliment d’interrompre le projet, de rencontrer les travailleuses et travailleurs afin de profiter de leur expertise, de répondre à leurs préoccupations et d’établir un plan d’amélioration des installations plutôt que de recourir à la privatisation. Notre correspondance est restée lettre morte.

Au cours des huit derniers mois, nous avons poursuivi nos moyens de pression – rencontres, courriels, activités publiques et demandes d’information – afin que le gouvernement réponde à des questions simples, mais importantes sur le plan d’affaires, l’évaluation environnementale et le plan d’atténuation du risque.Les rares réponses qu’on nous a fournies étaient caviardées, incohérentes, voire contradictoires et somme toute très insatisfaisantes. Où sont l’ouverture et la transparence dont se targue le gouvernement?

Les employés des centrales, qui sont membres de l’Alliance de la Fonction publique du Canada, ont été avisés qu’ils connaîtront sous peu le soumissionnaire retenu et qu’ils devront eux-mêmes former ceux et celles qui les remplaceront. C’est une injure sans nom qui s’ajoute à l’évitement et au secret que cultive le gouvernement dans cette affaire. Les fonctionnaires fédéraux méritent mieux que cela.

Considérant que la santé du personnel et de la population est en jeu, considérant aussi le coût considérable du projet (estimé à trois milliards de dollars), il est crucial que le gouvernement fasse une pause et réponde aux importantes questions que nous lui avons posées.

Chris Aylward, président national, PSAC-AFPC

Dany Richard, président et président du conseil d’administration, ACFO-ACAF

Mark Hancock, président national, CUPE-SCFP

Larry Brown, président national, NUPGE

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28 Mai 2019