Privatisation des centrales de chauffage : Le gouvernement n’assume aucune responsabilité

L’AFPC est très préoccupée par la position de hauts dirigeants de Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) relativement aux membres de l’AFPC qui travaillent dans les centrales de chauffage du gouvernement dans la capitale nationale.

Après le lancement de la campagne de l’AFPC contre la privatisation des centrales de chauffage, le sous-ministre adjoint des services immobiliers de SPAC, Kevin Radford, a expliqué au journaliste du Droit qu’il fallait se tourner vers le privé parce que bon nombre d’employés partent à la retraite. Il a ajouté « que la relève est rare dans ce domaine plutôt technique. Nous avons fait beaucoup d’efforts pour embaucher de nouveaux techniciens […] mais la taille de l’équipe diminue chaque année. » Selon David Schwartz, directeur général, Approvisionnements commerciaux, le secteur privé détient une expertise supplémentaire dont nous avons besoin parce que nous voulons « être à jour avec les meilleures pratiques ».

Ces déclarations mettent en lumière l’érosion continue de la fonction publique causée par le manque de leadership politique, une planification déficiente et une mauvaise gestion. SPAC a de la difficulté à remplacer les travailleurs qui prennent leur retraite pour une seule raison : les salaires offerts ne sont pas assez élevés. Selon une étude sur la rémunération menée par l’AFPC et le gouvernement, il y a un écart salarial de 95 % entre les travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé ayant des compétences dans les domaines liés au fonctionnement des centrales de chauffage et de refroidissement. Si le gouvernement planifiait en conséquence, il pourrait offrir les salaires et les conditions de travail nécessaires pour : 1) attirer le nombre d’employés requis; 2) embaucher de nouveaux employés et profiter de leur expérience; et 3) permettre aux employés en place de renouveler leurs compétences au besoin. Au lieu de privatiser les centrales, ce qui est forcément plus coûteux étant donné que les fonds publics servent aussi à accroître les marges de profit des entreprises, SPAC pourrait tout simplement bonifier la rémunération de son propre personnel. Ce faisant, il attirerait de nouveaux talents pour remplacer les travailleurs qui prennent leur retraite.

Les fonctionnaires offrent des services de grande qualité et doivent rendre des comptes à la population. Et un secteur public fort repose sur une direction efficace qui offre à son personnel des occasions de renouveler ses compétences à mesure que la technologie progresse.

C’est un secret de Polichinelle : la privatisation des infrastructures publiques et les PPP coûtent plus cher que l’option publique, comportent des risques financiers pour les gouvernements et entraînent des failles de sécurité. À Ottawa, deux PPP connaissent des ennuis majeurs : le TLR (dépassement de budget et retards) et l’Hôpital Royal (plus petit que prévu et dépassement de budget).

Si l’on en juge par la réaction du gouvernement fédéral, la privatisation des services publics continuera de plus belle, même si, de toute évidence, cela compromet de bons emplois, la sécurité publique et la responsabilité financière. Cette pratique est dangereuse et doit cesser. L’AFPC demande respectueusement au gouvernement de :

  1. de stopper le projet tel qu’il est prévu actuellement et d’annuler la demande de propositions;
  2. d’élaborer avec les travailleurs des centrales un plan qui permettra d’améliorer la performance environnementale du gouvernement du Canada, de réduire ses coûts de chauffage et de refroidissement et d’accroître la fiabilité et la sécurité des opérations de chauffage et de refroidissement, tout en gardant les installations et leur exploitation dans le domaine public;
  3. de lancer une nouvelle demande de propositions, mais cette fois seulement pour la conception et la construction de centrales de chauffage.

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12 Octobre 2018
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