L’AFPC salue la victoire des enfants autochtones

Mme Blackstock, directrice générale de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada

« Les enfants l’emportent. » Ce sont les mots que Cindy Blackstock a prononcés à la suite de la décision du Tribunal canadien des droits de la personne (en anglais seulement), selon laquelle les enfants qui résident dans les réserves ont été victimes de discrimination généralisée. Les analystes y voient un changement durable dans la prestation des services que le gouvernement canadien offre aux citoyens autochtones.

En 2007, Mme Blackstock, directrice générale de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, appuyée par l’Assemblée des Premières Nations, avait déposé une plainte qui alléguait que les services sociaux offerts par le gouvernement fédéral aux enfants des réserves autochtones étaient inférieurs de 34 % par rapport à ceux qui étaient offerts aux autres enfants par les gouvernements provinciaux.

Séquelles des pensionnats

Selon le système de financement en place, il est plus avantageux d’envoyer les enfants autochtones dans des foyers d’accueil que de leur offrir des services adaptés à leur culture dans les réserves. Malheureusement, ils sont maintenant plus nombreux dans les foyers d’accueil que lorsque le réseau des pensionnats indiens fonctionnait à plein régime.

Cette décision historique établit que le principe de Jordan n’a pas été appliqué adéquatement  dans les communautés autochtones.

Le principe de Jordan vise à garantir que les enfants des réserves aient accès aux mêmes services que les autres enfants du pays. Ce principe a été nommé en l’honneur de Jordan River Anderson, un enfant de la Nation crie de Norway House au Manitoba. Jordan a inutilement passé plus de deux ans à l’hôpital tandis que la province du Manitoba et le gouvernement fédéral argumentaient à savoir qui devrait payer pour ses soins à domicile. Jordan est décédé à l’hôpital à l’âge de cinq ans. Jamais il n’a pu passer une journée dans son foyer familial.

Une détermination à toute épreuve

Mme Blackstock a fait foi d’une détermination à toute épreuve en consacrant d’innombrables heures de recherche à ce dossier afin de s’assurer que les enfants autochtones bénéficient d’un traitement équitable. Mais ses efforts ont coûté la perte du financement de son organisme. Elle s’est vue refuser l’accès aux réunions entre le gouvernement fédéral et l’Assemblée des Premières Nations et le gouvernement est allé jusqu’à surveiller systématiquement tous ses déplacements, tant au travail que dans sa vie personnelle. Finalement, le gouvernement a été reconnu coupable d’avoir enfreint la Loi sur la protection des renseignements personnels.

Le Réseau national des peuples autochtones de l’AFPC a appuyé les efforts de Cindy Blackstock et nos membres autochtones se réjouissent de la victoire des enfants des Premières Nations.

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28 Janvier 2016
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