Les frais de garde d’enfants augmentent au Canada: rapport

Les tarifs des garderies augmentent plus vite que l’inflation partout au pays, ce qui rend plus pressante que jamais la mise en place d’un réseau universel de services de garde abordables et accessibles.

Une nouvelle étude publiée par le Centre canadien de politiques alternatives, intitulée Ça suffit – Les frais de garde d’enfants au Canada en 2017, montre que c’est en effet ce qui s’est passé dans 71 % des villes canadiennes depuis l’an dernier, et dans 81 % des villes depuis 2014.

« C’est décourageant de voir les parents payer de plus en plus cher pour les services de garde, surtout que les tarifs sont déjà exhorbitants, affirme Robyn Benson, présidente nationale de l’Alliance de la Fonction publique du Canada. Cette étude doit mener à une intervention directe et immédiate de la part de tous les paliers de gouvernement qui, de toute évidence, n’en font pas assez pour résoudre la crise des services de garde au Canada. »

L’étude du Centre fournit un aperçu annuel des frais parentaux médians de garde d’enfants dans les 28 plus grandes villes du Canada pour les nourrissons, les bambins et les enfants d’âge préscolaire.

L’AFPC continue à presser le gouvernement fédéral de bâtir un réseau de garderies abordables et de qualité pour tous les parents, peu importe où ils habitent. Un financement à long terme des services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants est prévu dans le budget fédéral de 2017, mais nous sommes encore loin du but.

Il reste beaucoup à faire

Obtenir plus d’argent du fédéral : l’AFPC propose un budget de 1,2 milliard de dollars en 2018, avec augmentation annuelle progressive en vue de répondre aux besoins de services de garde des familles. Le budget actuel de 500 millions de dollars, soit 540 $ par année pendant les cinq premières années, est loin d’être suffisant. Dans un rapport récent, le Fonds monétaire international préconise un investissement de 8 milliards de dollars.

Exiger une politique étoffée : Le gouvernement fédéral doit se montrer plus déterminé et audacieux. Il doit utiliser son pouvoir de dépenser pour provoquer de vrais changements, plutôt que de se contenter de transférer de l’argent qui ne servira qu’à pérenniser les programmes disparates existants.

Investir judicieusement : Les fonds publics doivent servir à financer le fonctionnement des services de garde plutôt qu’à verser des subventions aux parents, un mécanisme inefficace, quelle que soit la tranche de revenus.

Soutenir des services sans but lucratif : Les fonds publics doivent servir à développer le réseau des services de garde publics et sans but lucratif, plutôt qu’à subventionner des garderies privées.

Prôner une juste rémunération : Il faut veiller à ce que les fonds publics servent à rémunérer adéquatement des éducatrices et éducateurs qualifiés. Les conditions de travail de ces personnes vont en s’empirant et le temps est venu de régler ces importants problèmes, sans toutefois augmenter les frais imposés aux parents.

Tenir des consultations en bonne et due forme : Le gouvernement fédéral devrait consulter les principaux intervenants du secteur sur les moyens de faire avancer les choses. Il devrait aussi accorder du soutien financier aux organismes qui donnent aux parents ainsi qu’aux éducatrices et éducateurs la chance d’être entendus.

Vous trouverez la version intégrale du rapport sur le site Web du Centre canadien de politiques alternatives.

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12 Décembre 2017
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