Éducation postsecondaire : la position des partis

Si l’éducation postsecondaire relève principalement des provinces, le gouvernement fédéral y joue lui aussi un rôle important : il fournit des prêts et bourses aux étudiants, finance la recherche et verse aux provinces et territoires des fonds destinés aux établissements postsecondaires par l’intermédiaire du Transfert canadien en matière de programmes sociaux. 

NPD et Parti vert : objectif gratuité 

Les néo-démocrates et les verts rêvent d’un avenir où les frais de scolarité ne sont pas un frein à l’éducation postsecondaire. Le NPD s’engage à collaborer avec les provinces pour limiter et réduire les frais de scolarité ainsi qu’à éliminer les intérêts des prêts étudiants fédéraux et à améliorer l’accès au Programme canadien de bourses aux étudiants. 

Le Parti vert promet d’investir 10 milliards de dollars dans l’éducation postsecondaire et dans les écoles de métier pour remédier au sous-financement chronique de ce secteur, où les emplois sont souvent précaires. Il entend aussi éliminer les frais de scolarité des collèges et universités et annuler la portion de la dette étudiante due au gouvernement fédéral.  

Enfin, les deux partis proposent des programmes d’éducation postsecondaire consacrés aux jeunes Autochtones. 

Parti libéral : une amélioration progressive 

Les libéraux promettent pour leur part une série d’améliorations graduelles, notamment de bonifier jusqu’à 1 200 $ la bourse canadienne aux étudiants et de rendre les prêts étudiants plus abordables et plus flexibles. 

En plus de bénéficier d’une période de grâce de deux ans sans intérêts, les nouveaux diplômés pourront suspendre le remboursement de leur prêt s’ils gagnent moins de 35 000 $ par année ou ont un enfant de moins de cinq ans. 

Le Parti libéral promet aussi de collaborer avec le gouvernement de l’Ontario pour créer une nouvelle université francophone. 

Bloc Québécois et Parti conservateur : des mesures au compte-gouttes 

Le Bloc Québécois entend contribuer davantage à la recherche universitaire et bonifier le Transfert canadien en matière de programmes sociaux pour améliorer le financement de l’éducation postsecondaire, sans toutefois avancer de chiffres. 

Les conservateurs ont de loin le programme le plus limité de tous les partis fédéraux. Leur principale proposition consiste à faire passer la contribution aux REEE du gouvernement de 20 à 30 %, jusqu’à concurrence de la limite actuelle de 2 500 $ par année. 

Les conservateurs veulent travailler main dans la main avec les universités pour harmoniser les programmes d’études avec les besoins du marché du travail. Ils promettent aussi de faire de « la liberté d’expression et la liberté académique » des conditions de financement. On sent ici l’influence du premier ministre de l’Ontario Doug Ford, qui a récemment imposé une mesure tout aussi inutile aux universités ontariennes. Un geste d’ailleurs dénoncé par l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université, qui le décrit comme « une ingérence sans précédent dans l’autonomie des établissements d’enseignement » et comme « une solution en quête d’un problème ». 

Le Bloc et le Parti conservateur soutiennent eux aussi la création d’une université francophone en Ontario. 

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18 Octobre 2019