10 jours de congé payé pour violence conjugale

Fuir la violence conjugale ne doit pas entraîner une perte de salaire

La violence conjugale a des répercussions sur la vie professionnelle de ses victimes. Au Canada, on estime que plus du tiers de la population a été victime d’une ou d’un partenaire violent. Pour ces victimes, le traumatisme et le stress qui en découle affectent souvent leur capacité de travailler.

Incidence de la violence conjugale dans le lieu de travail

La violence conjugale ne cesse pas quand on met les pieds au travail. Plus de la moitié des victimes ont indiqué avoir vécu de la violence sur leur lieu de travail ou à proximité, soit sous forme d’appels téléphoniques ou de messages textes menaçants, de traque furtive ou de harcèlement.

Une personne ne devrait pas perdre son emploi parce qu’elle subit de la violence conjugale. Il faut accorder des congés aux victimes pour qu’elles puissent se rendre au médecin, obtenir conseils, parfois déménager ou rencontrer leur avocat ou des policiers.

Des progrès, oui mais…

En 2016, le Manitoba a modifié ses normes du travail afin d’accorder cinq jours de congé payé aux travailleuses et travailleurs victimes de violence conjugale. En novembre 2017, le gouvernement fédéral a déposé un projet de loi accordant dix jours de congé non payé aux victimes de violence conjugale par année civile.

Bien que ces mesures représentent un pas énorme, elles demeurent insuffisantes. Un congé de cinq jours ne suffit pas pour vaquer aux besoins médicaux, juridiques, émotifs et à un possible déménagement. Un congé non payé ne répond pas non plus aux besoins des victimes de violence, car elles auront à débourser des frais pour un éventuel déménagement ou pour faire appel à des services et des ressources. Elles ne peuvent donc se passer de leur salaire pendant 10 jours.

À l’action! Il faut donc réclamer au gouvernement de prévoir un soutien aux personnes victimes de violence conjugale dans les lieux de travail. Réclamons 10 jours de congé payé pour les victimes de violence conjugale.

 

Qu’est-ce que la violence conjugale?

La violence conjugale est une forme de mauvais traitements infligés par une personne pour exercer un pouvoir et un contrôle sur une autre personne, conjointe ou ex-conjointe. Cette violence peut être physique, sexuelle, psychologique ou spirituelle. Elle peut se traduire aussi par des pressions financières, la traque furtive et le harcèlement. Tous les types de couples peuvent être touchés par la violence conjugale, qu’ils soient de même sexe ou de sexes opposés, mariés, divorcés, séparés ou qui commencent à se fréquenter.

La violence conjugale au Canada : les faits

Données tirées de l’Enquête pancanadienne sur la violence conjugale et le milieu de travail (University of Western Ontario en partenariat avec le Congrès du travail du Canada)

Prévalence de la violence conjugale selon le sexe

  • Un tiers (34 %) des répondantes et répondants ont indiqué avoir été victimes de violence de la part de leur partenaire de vie.
  • Ce pourcentage variait selon le sexe : 38 % chez les femmes, 17 % chez les hommes et 65 % chez les personnes trans.
  • Les personnes autochtones, celles ayant un handicap, les personnes lesbiennes, gaies et bisexuelles ont été particulièrement plus nombreuses à indiquer avoir été victimes de violence conjugale au cours de leur vie.

Violence conjugale et milieu de travail

  • Parmi ces victimes, 82 % ont déclaré que cette violence avait nui à leur rendement professionnel, le plus souvent sous forme de manque de concentration, ou de sensation de fatigue et de malaise.
  • 38 % ont indiqué que cela avait nui à leur capacité de se rendre au travail (retards, absences ou les deux).
  • Au total, 8,5 % des victimes de violence conjugale ont déclaré avoir perdu leur emploi à cause de cela. 
  • Plus de la moitié (54 %) de celles-ci ont indiqué avoir subi au moins une forme de violence sur leur lieu de travail ou à proximité. Il s’agissait le plus souvent de harcèlement par téléphone ou par message texte (41 %) et d’être suivie ou harcelée à proximité du lieu de travail (21 %).
  • 43,2 % ont indiqué en avoir parlé avec quelqu’un au travail.

Sujets : 

9 Novembre 2017
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