10 mai - Journée de l’ourson témoin : Un pas vers la réconciliation

Nous soulignons aujourd’hui la Journée de l’ourson témoin, une journée de réflexion sur le sous-financement chronique et discriminatoire des services à l’enfance des Premières nations. En cette journée, la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières nations du Canada et son Spirit Bear sensibilisent la population au Principe de Jordan et espèrent ainsi mettre fin aux iniquités dans les services publics pour les enfants des Premières nations.

Historique la Journée de l’ourson témoin

Les enfants et les familles des Premières Nations qui vivent dans les réserves et dans les territoires reçoivent des services publics financés par le gouvernement fédéral. Depuis la Confédération, ces services ont considérablement diminué et sont en-deçà de ce que reçoivent le reste de la population canadienne. 

La plainte et Spirit Bear

En 2006, sous la direction de la Dre Cindy Blackstock, la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières nations du Canada a traîné le gouvernement fédéral devant le Tribunal canadien des droits de la personne (TCDP). Elle a consacré plusieurs années à plaider sa cause contre le gouvernement tout en exposant une longue histoire de négligence à l’égard des collectivités des Premières nations.

Spirit Bear a vu le jour en 2008. Il représente les 165 000 enfants des Premières Nations visés dans la cause en matière de protection de l’enfance des Premières Nations devant le TCDP. Depuis sa création, Spirit Bear a représenté tous les enfants touchés à toutes les audiences du tribunal. Le Plan de Spirit Bear a été donc été élaboré. Il est composé de cinq points principaux qui demandent au Canada, au Parlement, au gouvernement, aux ministères et à tous les fonctionnaires de rendre des de mettre fin aux iniquités dans la prestation de services publics destinés aux enfants, aux jeunes et aux familles des Premières Nations du Canada.

L’importance du Principe de Jordan

Le Principe de Jordan était au cœur du litige juridique de la Société de soutien. Le principe été nommé en mémoire de Jordan River Anderson, un jeune garçon de la Première Nation crie de Norway House au Manitoba. Jordan est né avec des besoins médicaux complexes et il a été hospitalisé à l’hôpital de Winnipeg. Après un an de soins, alors le gouvernement du Manitoba et le gouvernement fédéral n’arrivaient pas à s’entendre sur qui paierait ses soins à domicile, Jordan a été hospitalisé inutilement pendant deux autres années. Il est décédé à l’âge de 5 ans, toujours à l’hôpital, sans avoir pu passer une seule journée à la maison avec sa famille. Le Principe de Jordan exige que les gouvernements accordent la priorité aux enfants et veillent à ce que tous les enfants des Premières nations aient accès aux services publics dont ils ont besoin, peu importe le lieu.

Pourquoi le 10 mai?

Après 10 années devant le Tribunal, la Société de soutien, dotée d’éléments de preuves solides comme l’affaire Jordan River Anderson et un historique de racisme, a finalement réussi à démontrer qu’il y avait discrimination. Le tribunal a ordonné au gouvernement fédéral de remédier à la situation. Le TCDP a émis la première de plusieurs ordonnances d’exécution, le 10 mai 2016.

Le gouvernement n’a pas encore vraiment amélioré sa prestation de services à l’enfance dans de nombreuses collectivités des Premières nations au Canada et ce, même après avoir reçu des ordonnances d’exécution. La première ordonnance d’exécution ayant été émise le 10 mai, c’est ainsi qu’il a été décidé que cette date anniversaire serait la Journée de l’ourson témoin. C’est également l’anniversaire symbolique de Spirit Bear.

Que puis-je faire pour appuyer cette cause?

Nous ne devons laisser aucune situation, ni aucun gouvernement faire en sorte que les enfants des Premières Nations se sentent moins importants que les autres : c’est un important pas vers la réconciliation.

Sujets: 

10 Mai 2019
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