Le syndicat met Trudeau en garde contre la privatisation de l’entretien du matériel de défense

L’Alliance de la Fonction publique du Canada et un de ses Éléments, l’Union des employés de la Défense nationale (AFPC-UEDN), ont écrit au premier ministre Trudeau pour lui demander de ne pas confier au privé l’entretien des nouveaux navires qui seront construits à coup de milliards de dollars en vertu de la nouvelle Politique de défense du Canada.

L’AFPC-UEDN est vivement préoccupée par l’élargissement du champ d’intervention de l’industrie prévu dans le document Protection, Sécurité, Engagement : Politique de défense du Canada.

« Le programme de construction navale confie une part importante du renseignement et des opérations militaires à des intérêts privés, affirme John McLennan, président de l’UEDN. C’est une atteinte à la sécurité nationale et l’indication qu’une part de plus en plus importante de l’appareil de sécurité du Canada pourrait être vendue au plus offrant. Il n’y a qu’à lire la Politique pour s’en convaincre. »

Un document qui sonne l’alarme

Un document d’information du ministère de la Défense nationale (MDN) révèle que les contrats de soutien en service offriront au secteur privé un accès sans précédent aux installations et à l’équipement de soutien du Ministère et, dans certains cas, permettront même à l’industrie de surveiller son personnel. Ces contrats comprendront le projet d’acquisition de navires de patrouille extracôtiers et de l’Arctique et de navires de soutien interarmées pour la Marine royale canadienne.

L’UEDN n’a pas été consultée au sujet de la portée considérable de la nouvelle politique, qui confie à l’entreprise privée l’entretien de la flotte.

Vu l’importance qu’accorde la politique à la sous-traitance, le syndicat craint que cette tendance s’alourdisse.

Le ministre fait la sourde oreille

Le ministre de la Défense nationale n’a pas daigné répondre à la lettre que nous lui avons envoyée en février. Nous avons donc écrit au premier ministre Trudeau pour lui faire part de nos inquiétudes.

« Aucune étude de cas n’a encore prouvé que la sous-traitance est le meilleur choix. Pourtant, le gouvernement semble vouloir se lancer sur cette voie, affirme Robyn Benson, présidente nationale de l’AFPC. Il est très rare que ce choix s’avère plus efficace ou moins coûteux. Souvent, c’est le contraire qui se produit, comme l’a amplement prouvé l’implantation désastreuse de Phénix. Le gouvernement, qui prétendait que le nouveau système lui ferait faire des économies, est encore en train de ramasser les pots cassés. »

L’UEDN, qui compte plus de 18 000 membres partout au pays, est l’un des plus importants Éléments de l’AFPC.

 

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26 Juin 2017
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