Les intervieweurs des OES veulent le respect et un traitement juste

es membres de l’APFC à l’OES discutent leurs enjeux dans la conférence sur la négociation.

Ce groupe de travailleurs de la fonction publique est victime des compressions budgétaires du gouvernement précédent. Les membres des Opérations des enquêtes statistiques comptent parmi les employés les moins rémunérés et ayant le moins de sécurité d’emploi. Leur employeur considère qu’ils ne font même pas partie de la fonction publique fédérale.

« Les travailleurs des OES sont des employés du gouvernement fédéral et il est temps de les traiter comme tel » a déclaré la présidente nationale de l’AFPC, Robyn Benson, lors d’une allocution devant plus de 70 travailleurs de ce groupe.

Les 9 et 10 janvier, un groupe de délégués et d’observateurs se sont réunis à Ottawa pour discuter de leurs enjeux et établir des stratégies en vue des prochaines négociations avec les Opérations des enquêtes statistiques (OES), l’unité fédérale responsable de la collecte de données pour Statistique Canada.

Manque de respect, conditions de travail dangereuses et précarité d’emploi figurent au nombre des préoccupations des participants à la conférence.

Traitement injuste

Anna Goldfeld, intervieweuse depuis 21 ans au Bureau régional de Winnipeg, résume ainsi la situation :

Anna Goldfeld

Anna Goldfeld

« Il n’y a pas d’uniformité dans la façon dont l’employeur traite son personnel. Nos heures ne sont pas garanties. Les années de service ou l’ancienneté ne sont pas reconnues. C'est évident qu’il y a du favoritisme. Tout cela mine le moral des employés. »

Mme Goldfeld a été élue membre de l’équipe de négociation pour la présente ronde. Elle affirme que des gains importants ont été réalisés dans le dernier contrat de travail, mais qu’il reste encore beaucoup de choses à améliorer.

« Nous n'avons pas obtenu la parité salariale avec les autres fonctionnaires fédéraux. Nous avons besoin d'un plus grand nombre d'employés permanents. C’est simple : nous voulons être traités comme des employés de la fonction publique », ajoute Mme Goldfeld.

La situation n’est pas différente pour les intervieweurs sur le terrain. Phyllis Allen, intervieweuse à Hamilton et présidente de sa section locale, mentionne que les intervieweurs ayant plus d’ancienneté ou qui sont permanents sont immanquablement désavantagés. 

« L’employeur a tendance à recruter de nouveaux employés et à leur offrir plus d’heures de travail parce que c’est moins dispendieux », dit-elle.

Conditions de travail dangereuses

Les intervieweurs sur le terrain sont souvent assujettis à des conditions dangereuses. Mary Anne Walker connaît bien ces risques. Elle occupe ce poste aux OES depuis 1999 et elle est vice-présidente régionale du Syndicat des employées et employés nationaux. Elle a été élue membre de l’équipe de négociation du groupe FI.

Mary Anne Walker et Phyllis Allen

Mary Anne Walker et Phyllis Allen

« Je pourrais vous raconter plein d’histoires d’horreur, dit-elle. Nous travaillons le soir et la fin de semaine, lorsque la plupart des gens sont à la maison. Nous devons affronter le froid et la noirceur et nous aventurer dans des quartiers dangereux, là où l’employeur n’enverrait même pas ses enfants. Des intervieweurs ont été agressés, menacés ou attaqués par des chiens. D’autres ont subi des dommages à leur voiture ».

En raison de la précarité de leur emploi, la plupart des intervieweurs sur le terrain hésitent à refuser un travail dangereux ou à porter plainte.

Phyllis Allen se rappelle un cas de harcèlement sexuel : « l’intervieweuse a été agressée par un homme nu, qui a tenté de l’attirer chez lui pour l’embrasser. L’employée n’a pas voulu porter plainte, craignant que l’employeur ne réduise ses heures de travail. »

Négocier avec un nouveau gouvernement

Le nouveau gouvernement libéral a promis d’améliorer les relations entre le gouvernement et les travailleurs de la fonction publique, notamment d’abolir une loi présentée par les conservateurs visant à révoquer d’importants droits de négociation, principalement pour les travailleurs de la fonction publique.

« Nous les surveillerons de près, affirme Robyn Benson. Le premier ministre a laissé présager une nouvelle ère de respect pour la fonction publique. C’est ce que nous allons voir à la table de négociation. »

D'autres photos de la Conférence sur la négociation des OES

Photos de membres des OES sur la ligne de piquetage de l'hippodrome Rideau-Carleton

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20 Janvier 2016
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