Interdire le don de sang : une mesure discriminatoire fondée sur l’orientation sexuelle

En 2015, lors de son congrès national, l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) a adopté la résolution suivante : exercer des pressions sur le gouvernement pour qu’il lève l’interdiction faite aux hommes et aux femmes trans qui ont eu des relations avec d’autres hommes de donner leur sang, leur moelle osseuse ou leurs organes.

Cette mesure est discriminatoire parce qu’elle est fondée sur l’orientation sexuelle plutôt que sur des pratiques sexuelles à risque élevé.

La présidente nationale de l’AFPC, Robyn Benson, a envoyé récemment une lettre à la ministre de la Santé Petipas-Taylor lui demander de lever cette interdiction dès maintenant.

Promesse des libéraux

Durant la dernière élection fédérale, le Parti libéral avait promis de mettre fin à l’interdiction de donner du sang. À l’époque, les hommes ne pouvaient pas donner de leur sang s’ils avaient couché avec un autre homme au cours des cinq dernières années. Dix mois après avoir été élus, les libéraux se sont contentés de réduire cette période d’abstinence de cinq ans à un an.

Des organismes qui réclamaient la levée de l’interdiction du don de sang, dont la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants et la Société canadienne du sida, ont reproché aux libéraux d’avoir renié leur promesse.

En novembre 2017, le premier ministre Justin Trudeau s’est excusé publiquement auprès des personnes qui avaient été congédiées ou poursuivies en justice parce qu’elles étaient lesbiennes, gaies, bisexuelles, bispirituelles ou transgenres. Il s’est alors engagé à prendre des mesures réparatoires à leur égard. Malheureusement, comme il n’en a pas aussi profité pour lever l’interdiction du don de sang, ses excuses sonnent creux.

Aucun fondement scientifique

Au cours des 25 dernières années, il n’y a eu aucun cas d’infection à VIH par transfusion sanguine. Cela est attribuable, en grande partie, aux progrès énormes en matière de dépistage du VIH dans le sang, la moelle osseuse et les organes.

Une mesure discriminatoire

L’interdiction du don de sang ne devrait pas cibler un groupe marginalisé. Elle devrait plutôt se fonder sur des facteurs de risque réels. Les gais ne sont pas les seuls à être touchés par le VIH/sida; plusieurs autres segments de la population – certains hétérosexuels, par exemple – ont des taux d’infection à VIH supérieurs à la moyenne. En ne levant pas cette interdiction, les libéraux perpétuent la discrimination et la stigmatisation contre les hommes gais.

Contexte

  • En 2011, la SCS est passée d’une interdiction permanente du don de sang par des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes à une politique d’exclusion de 10 ans pour ces hommes. En 2013, la SCS a réduit cette période à cinq ans, puis à un an en 2016.
  • Au cours des 25 dernières années, il n’y a eu aucun cas d’infection à VIH par transfusion sanguine.
  • En août 2016, Santé Canada, sous la gouverne des libéraux, a réduit la période d’exclusion à un an.
  • Grâce au test d’amplification des acides nucléiques, on a pu réduire la période de latence du VIH (période entre l’infection et la détectabilité du virus) dans le sang, la moelle osseuse et les organes à environ 12 jours.

Sujets: 

19 Décembre 2017
Share/Save