Déclaration de l’AFPC à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs 2018

Journée de travail de huit heures.

Weekends libres.

Normes de santé et sécurité au travail.

Une retraite dans la dignité.

Congés de maladie.

Droit de se syndiquer.

Aucun des droits dont nous jouissons aujourd’hui n’a été présenté aux travailleuses et aux travailleurs sur un plateau d’argent. Nous et nos prédécesseurs les avons obtenus de haute lutte.

Le 1er mai 1886, le mouvement syndical états-unien lance un appel à la grève générale pour réclamer la journée de travail de huit heures. À l’époque, le droit à la syndicalisation et le droit de grève n’existent pas. Quelques jours plus tard, les forces de l’ordre matent une manifestation pacifique sur la place Haymarket à Chicago, où 80 000 travailleurs sont rassemblés. La violence policière fait des morts et de nombreux blessés. Peu de temps après, sept dirigeants syndicaux sont arrêtés, dont quatre sont pendus. L’un d’entre eux s’enlève la vie en prison.

Ces événements sont à l’origine de la célébration de la Journée internationale des travailleurs, qui commémore les combats de la classe ouvrière. Rappelons-nous, en ce 1er mai, que nos efforts visant à bonifier les conditions de travail et les droits de tous les travailleurs ne doivent pas endormir notre vigilance : les employeurs tenteront toujours de nous priver de nos acquis et nous pourrions être appelés n’importe quand à remonter aux barricades. 

En effet, nous savons maintenant que les employeurs, gouvernement fédéral en tête, peuvent donner l’assaut sans crier gare et imposer des conditions néfastes pour l’ensemble des travailleuses et des travailleurs.

Le gouvernement fédéral n’a pas encore rayé du feuilleton le projet de loi C-27.Advenant que ce dernier soit adopté, l’employeur pourrait remplacer nos régimes de retraite à prestations déterminées par des régimes à prestations cibles qui ne garantissent pas un revenu suffisant à la retraite. Fort de son pouvoir collectif, le syndicat a réussi à stopper l’avancement du projet de loi, pour l’instant, mais nous ne pourrons pas crier victoire tant que cette loi désastreuse ne sera pas lettre morte.

Le fardeau que des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux ont porté à cause des ratés de Phénix est un brutal rappel de ce qui advient lorsque l’État fait fi des syndicats et finit par mettre en péril le gagne-pain de ses fonctionnaires. Même après l’implantation de Phénix, c’est encore l’AFPC qui a dû faire pression sur l’employeur pour qu’il adopte des mesures d’urgence et trouve des solutions permanentes aux nombreux problèmes de paye.

Nous savons qu’il nous reste encore plusieurs objectifs à atteindre : des milieux de travail sans violence ni harcèlement, l’accès à des services de garde abordables et de qualité, et l’adoption de la loi proactive sur l’équité en emploi que nous attendons depuis si longtemps.

Nous pouvons aussi être certains que l’employeur reviendra à la charge, mais laJournée internationale des travailleurs nous rappelle que notre pouvoir collectif nous permettra de résister, de riposter… et de gagner.

En ce 1er mai, ayons une pensée pour les travailleuses et travailleurs qui nous ont précédés. Nous leur devons nos droits et nos avantages. Enfin, réitérons notre ferme résolution de continuer sur leur lancée afin de bâtir un meilleur avenir pour les travailleurs, les travailleuses et leurs familles ici et à travers le monde.

1 Mai 2018
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