Budget : améliorations timides à l’assurance-emploi

Le budget fédéral de 2017 renferme quelques bonnes nouvelles pour les travailleurs, notamment des améliorations à l’assurance-emploi. Il s’agit cependant de changements minimes.

Le budget ne s’attaque pas aux problèmes

Le budget élargit les prestations pour certaines catégories de congés, mais ne s’attaque pas aux véritables problèmes de l’assurance-emploi.

  • Il ne tient pas compte de la revendication syndicale de longue date de fixer à 360 le nombre d’heures de travail requis pour avoir aux prestations.
  • Il ne fait rien pour prolonger la période de référence.
  • Il n’aide pas davantage les travailleurs précaires à obtenir des prestations.
  • Il ne fait rien pour s’assurer que la caisse d’assurance-emploi est suffisamment provisionnée pour aider les membres dont l’emploi est touché par les changements technologiques et les changements climatiques.

« Après des décennies de compressions, l’assurance-emploi a besoin d’une refonte majeure pour respecter sa mission première, qui est de protéger les chômeurs canadiens », déclare Robyn Benson, présidente nationale de l’AFPC. « Malheureusement, ce budget ne s’attaque pas aux grands problèmes qui touchent l’assurance-emploi aujourd’hui. »

Nouvelles prestations pour aidants naturels

Le budget prévoit 691,3 millions de dollars sur cinq ans à compter de 2017-2018, puis 168,1 millions de dollars par année par la suite, afin d’instaurer de nouvelles prestations pour aidants naturels d’une durée maximale de 15 semaines.

Cette prestation s’ajoute aux prestations de compassion actuelles et au programme pour les parents d’enfants gravement malades. Elle a pour but d’aider les travailleurs à s’occuper d’un membre adulte de la famille ayant besoin d’un soutien important afin de se rétablir d’une maladie ou d’une blessure grave.

Le Code canadien du travail sera modifié pour que les travailleurs des secteurs de réglementation fédérale bénéficient d’une protection d’emploi lorsqu’ils touchent ces nouvelles prestations.

Il s’agit d’une amélioration importante pour les travailleuses et travailleurs qui doivent prendre soin d’un membre de la famille gravement malade. Le rôle d’aidant naturel peut être un emploi à temps plein et la nouvelle prestation vient le confirmer. Elle permet aux gens d’aider leur proche sans se soucier de leur emploi ou de leur revenu.

Prolongation des prestations parentales de l’assurance-emploi

Il sera également possible de prolonger les prestations parentales jusqu’à 18 mois, à raison de 33 % du salaire hebdomadaire moyen, au lieu de 12 mois à 55 % du salaire moyen.

Les femmes pourront réclamer des prestations de maternité jusqu’à 12 semaines avant la date prévue de l’accouchement, au lieu de huit semaines à l’heure actuelle. Mais le congé sera réduit d’autant de semaines après la naissance de l’enfant.

Le Code canadien du travail sera modifié pour que les travailleurs des secteurs de réglementation fédérale conservent leur emploi lorsqu’ils touchent ces prestations.

Les changements aux prestations parentales sont certes une amélioration, mais qui en profitera vraiment? Beaucoup de parents n’ont pas les moyens de toucher seulement 33 % de leur revenu. Et que dire des familles monoparentales ou des parents dont le revenu global ne suffit pas à subvenir à leurs besoins.

Autres améliorations

Le budget de 2017 fournira 132,4 millions de dollars sur quatre ans, à compter de 2018-2019, et 37,9 millions par année par la suite, afin de permettre aux Canadiens sans emploi de suivre une formation qu’ils financent eux-mêmes tout en recevant des prestations d’assurance-emploi. Auparavant, les travailleurs n’avaient pas droit à l’assurance-emploi lorsqu’ils voulaient suivre une formation autofinancée. Ces prestations aideront les travailleurs qui ont perdu leur emploi à se recycler.

De plus, le gouvernement propose d’investir 12 millions de dollars sur un an pour améliorer les services de Service Canada, y compris les prestations d’assurance-emploi. On ne sait pas, cependant, si les fonds seront affectés à la réouverture des centres de services ou à l’embauche de personnel ayant passé sous la hache du gouvernement Harper.

Selon l’AFPC, le gouvernement a raté une belle occasion de changer réellement la vie des travailleurs.

 

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10 Avril 2017
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