Le 21 mars : Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale

En 1966, les Nations Unies ont proclamé le 21 mars « Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale ».

Cette année, l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) somme le gouvernement libéral de s’attaquer aux causes systémiques du racisme et de la discrimination raciale.

Discrimination raciale et égalité : ce que prévoit le budget fédéral

Le gouvernement libéral a promis de dépenser 23 millions de dollars sur deux ans pour appuyer les consultations pancanadiennes sur une nouvelle approche à la lutte contre le racisme. Il a aussi proposé une somme de 19 millions sur cinq ans pour s’attaquer aux défis particuliers des Canadiennes et Canadiens de race noire, notamment en améliorant le soutien aux jeunes à risque et en menant des recherches pour la conception de programmes de santé mentale adaptés à leurs cultures.

La conception du plan national antiracisme doit obligatoirement passer par la consultation des communautés racialisées. De plus, le plan doit être fondé sur la Déclaration et le Programme d’action de Durban (Nations Unies, 2001), ainsi que sur les recommandations présentées en 2017 par le groupe de travail de l’ONU chargé des peuples de descendance africaine.  

Afin de mieux cerner les obstacles que doivent surmonter différents groupes, le gouvernement s’est aussi engagé à pallier les lacunes dans la collecte de données et d’utiliser à meilleur escient celles portant sur la diversité. Cet engagement comprend, notamment, la création d’un nouveau centre de statistiques sur les sexes, la diversité et l’inclusion.

Les mesures budgétaires du gouvernement, bien que positives, sont loin du compte en ce qui concerne la lutte contre la discrimination de longue date contre les personnes racialisées, une discrimination systémique reflétée dans les politiques, lois et pratiques du Canada.

La diversité et l’inclusion dans le secteur public fédéral

En décembre 2017, le Groupe de travail syndical-patronal sur l’équité en emploi, la diversité et l’inclusion au sein de la fonction publique a formulé des recommandations visant à prioriser et à renforcer les activités d’équité en emploi dans la fonction publique fédérale. On ne retrouve qu’une seule de ces recommandations dans le budget : la création d’un centre sur la diversité, l’inclusion et le bien-être dans la fonction publique. Il faudra pourtant que bien d’autres recommandations soient mises en œuvre si nous voulons véritablement promouvoir la diversité et l’inclusion dans le secteur public fédéral.

Les politiques d’immigration

Le budget renferme quelques bonnes surprises dans ce domaine, notamment le financement d’un projet pilote triennal qui soutiendra les programmes pour les nouvelles arrivantes membres de minorités visibles qui éprouvent des difficultés liées, entre autres, à la langue, au racisme, au sexe et au revenu.

Cependant, dans ce domaine comme dans d’autres, le gouvernement reste muet sur le racisme systémique qui entache nos lois et politiques.

Certains ont contesté les lois sur l’immigration qui permettent la détention indéfinie d’immigrants, de demandeurs du statut de réfugié et de travailleurs étrangers temporaires. Le budget prévoit des fonds additionnels pour répondre à la demande d’aide juridique pour les demandeurs d’asile, mais pas pour d’autres problèmes, comme le nombre limité de réfugiés acceptés au pays. 

Notre système d’immigration discriminatoire complique aussi la vie des travailleurs étrangers temporaires. Le gouvernement propose d’affecter des fonds « pour s’assurer que [leurs] droits sont protégés et appliqués par un régime de conformité solide. » Il propose aussi d’établir, dans le cadre d’un projet pilote, un réseau pour soutenir les organisations qui aident ceux qui subissent de possibles abus aux mains de leurs employeurs. Ainsi, leur permis de travail peut être valable seulement pour leur employeur actuel, ce qui ouvre la porte à des abus, souvent sans recours pour le travailleur.

Le système de justice et la race

Le budget fédéral prévoit des fonds pour permettre au système de justice pénale de traiter les dossiers en temps plus opportun. Cependant, il ne touche pas au problème du profilage racial par les forces de l’ordre.

Les personnes racialisées sont souvent interpellées et questionnées aléatoirement par la police, et leur signalement est conservé même si elles ne sont pas arrêtées et qu’aucune accusation n’est portée contre elles. Les personnes noires et autochtones sont aussi surreprésentées dans les pénitenciers fédéraux, malgré le fait qu’on ne considère pas qu’elles sont plus susceptibles que d’autres de commettre des crimes.

Alliances et défense

À l’occasion de cette Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, l’AFPC incite ses membres à contester les politiques et pratiques discriminatoires du gouvernement fédéral et à enjoindre à ce dernier de se doter d’un plan d’action pour s’attaquer aux causes profondes du racisme. L’AFPC demande aussi à ses membres d’être les alliés des personnes racialisées et des groupes qui défendent leurs intérêts pour promouvoir l’élimination du racisme au Canada.

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21 Mars 2018